A Strasbourg, Marie se prostitue depuis 20 ans pour subvenir à ses besoins et surtout à ceux de son fils Adrien. Quand celui-ci a l’opportunité de rentrer dans une école de renom, Marie va avoir des besoins d’argent beaucoup plus conséquent et à courte échéance.

Le film était présenté au Festival du cinéma américain de Deauville dans la catégorie Fenêtre sur le cinéma français.

Cécile Ducrocq et Laure Calamy au #DeauvilleUS 2021 © Deauville, on t’aime !

S’il s’agit du premier long métrage de Cécile Ducrocq, la réalisatrice n’est pas une débutante. Scénariste notamment pour la série Le Bureau des légendes et Dix pour cent, elle a débuté la réalisation avec des courts métrages : Tout le monde dit je t’aime en 2010 qui est sélectionné dans une quarantaine de festivals. Suivi de Fille modèle en 2011) et La Contre-allée en 2014, présenté lors de la Semaine de la Critique à Cannes ainsi qu’au Festival de Sundance. Le personnage de Marie est justement né dans La Contre-allée, déjà interprété par Laure Calamy. La réalisatrice a expliqué : “J’avais encore des choses à dire, envie aussi de l’emmener ailleurs, de le sortir du périmètre où je l’avais enfermé. Je voulais lui donner du souffle, faire de cette femme une héroïne. Et, puis, j’avais envie de travailler de nouveau avec Laure. Avec cette image en tête : Laure dans un imperméable doré qui traverse la ville, prend sa voiture, cherche des clients, cherche de l’argent, cherche son fils.”

C’est chose faite avec ce passage au long-métrage. Et les deux femmes se sont bien trouvées : Cécile Ducrocq prouve ici son talent pour aborder un sujet déjà traité mainte fois, avec une mise en scène rythmée, sublimée par la photographie et les lumières de Noé Brach, et Laure Calamy emporte le film avec son interprétation naturelle, émouvante et époustouflante. Nissim Renard, qui interprète son fils, est également impressionnant et parvient à poser son empreinte face à l’énergie qui se dégage de l’actrice. Le spectateur traverse une foule d’émotions à leurs côtés.

Une femme du monde confirme si besoin en était le talent de Laure Calamy après son César pour Antoinette dans les Cévennes qui parvenait déjà à tenir un rôle face à un âne sans que jamais cela ne semble incongru, et met en lumière une jeune réalisatrice qui fait déjà carton plein avec son premier long-métrage.

Sortie en salles le 8 décembre 2021 – Tandem – 1h35