Ils ont été appelés en Algérie au moment des «événements» en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d’autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois il suffit de presque rien, d’une journée d’anniversaire, d’un cadeau qui tient dans la poche, pour que quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

Adapté du roman éponyme de Laurent Mauvignier publié en 2009, Des Hommes restitue les destins brisés de ces jeunes hommes envoyés à une guerre à laquelle ils n’étaient pas préparés, assistant à des horreurs qu’ils n’auront pas l’opportunité de raconter à leur retour. Adultes, des années plus tard, ancrés dans leur quotidien, ils demeurent hantés par ces souvenirs, ces plaies. Par la culpabilité parfois également.

La force de cette réalisation est d’avoir su conserver le format du livre, qui fait sa richesse et sa force, et de le retranscrire à l’écran. C’est Lucas Belvaux lui-même qui en parle le mieux : “Laurent Mauvignier est un grand auteur mais on n’adapte pas un style. On peut en revanche adapter un procédé. Ici, ce sont les flash-backs, les soliloques, le récit non chronologique au fil de la pensée.” La voix off qui porte le texte d’origine permet de rendre hommage au livre mais également d’offrir un format original au film, de créer une proximité entre les personnages et le spectateur.

Le casting composé autant d’acteurs chevronnés que de jeunes talents contribuent également à la richesse de ce film : la voix de Catherine Frot, la puissance de Gérard Depardieu ou encore la retenue de Jean-Pierre Darroussin. Des Hommes est percutant et permet d’aborder un sujet rarement traité.

Le film faisait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes en 2020 et a été présenté en avant-première au Festival du cinéma américain de Deauville en septembre 2020.

Ad Vitam Distribution – 1h41 – Sortie le 2 juin 2021

L’équipe du film présente au Festival du cinéma américain de Deauville, septembre 2020
© Deauville, on t’aime !

Ad Vitam Distribution – 1h41 – Sortie le 2 juin 2021

En 1857, le lexicographe et philologue écossais James Murray (Sean Penn) est embauché pour compiler la première édition de l’Oxford English Dictionary, ouvrage qui deviendra un dictionnaire de référence. Il évalue cette tâche monumentale lui prendra entre cinq et sept ans. Le Professeur décide alors de lancer un appel à soumissions, espérant recevoir l’aide de nombreux collaborateurs bénévoles du monde entier… Chester Minor (Mel Gibson), un chirurgien militaire américain souffrant de schizophrénie et de syndrome post-traumatique depuis la guerre de Sécession, va débuter une correspondance avec lui et soumettre plus de 10 000 entrées pour le dictionnaire, alors même qu’il est interné dans un hôpital psychiatrique britannique pour l’assassinat d’un innocent lors d’un moment de folie.

Inspiré d’une histoire vraie, le film raconte de façon classique mais très prenante l’histoire passionnante de cette véritable épopée que fût la création de ce dictionnaire. Mel Gibson et Sean sont tous deux brillants dans leurs interprétations et offre un très beau duo, entouré par un casting de second rôles à la hauteur, parmi lesquels (Nathalie Dormer et Laurence Fox.

Mel Gibson avait acquis il y a de nombreuses années les droits du roman de Simon Winchester “The Surgeon of Crowthorne” (“le Fou et le Professeur”, Flammarion), mais avait dû laisser le projet en suspens. S’il avait d’abord souhaité le réalisé lui-même, il laissa finalement les rênes à Farhad Safinia, avec lequel il avait écrit le scénario de son “Apocalypto” en 2006. Il s’agit ici du premier long métrage du réalisateur né à Téhéran et qui a notamment étudié au King’s College de Cambridge.

Ce film a connu bien des déboires, ce qui explique notamment qu’il soit sorti trois ans après la fin du tournage (2016). Il y a notamment eu des conflits entre certaines sociétés de production. Le tournage avait pris du retard, entraînant un dépassement de budget, et des producteurs ont refusé d’accorder au réalisateur cinq jours de tournage supplémentaires à Oxford.

En 2017, Mel Gibson et sa société de production ont même intenté une action contre Voltage Pictures, leur reprochant d’avoir refusé ces jours de tournages supplémentaires ainsi que le final cut du réalisateur. La justice l’a débouté de sa demande et le litige a finalement été réglé à l’amiable, mais Mel Gibson et Farhad Safinia ont préféré prendre leurs distances avec ce film, estimant que la version sortie ne leur convenait pas. Le réalisateur est ainsi crédité sous le pseudonyme de P.B. Shemran, tandis que Mel Gibson a refusé de participer à la promotion du film, à l’instar de Sean Penn.

Aux Etats-Unis, le film n’a connu qu’une sortie limitée en salles puis en vidéo à la demande. En France il est sorti directement en vidéo en 2019 et a ensuite été présenté hors compétition au Festival du Cinéma Américain de Deauville en septembre 2020.

Source : Club 300, Variety, Deadline, The Hollywood reporter, Deadline,Wikipédia,

« Mel Gibson Sues Producer for Sabotaging “Labor of Love” Film » [archive du ], sur The Hollywood Reporter, 31 juillet 2017 

Eriq Gardner, « Mel Gibson Loses Court Bid to Reclaim Rights to ‘Madman’ Film » [archive], sur The Hollywood Reporter, 20 juin 2018

Dominic Patten, « Mel Gibson On ‘The Professor & The Madman’ ‘Disappointment’ & Legal Battle » [archive], sur Deadline, 6 avril 2019

Charles Barfield, « ‘The Professor And The Madman’ Trailer: Mel Gibson & Sean Penn Star In Film That Has Been Involved In Real-Life Legal Drama »

Cette série belge et néerlandaise réalisée par Nico Moolenarr est unique en son genre. Non par le thème mais par son traitement. Et elle vaut définitivement le détour.

Inspirée de fais réels, la première saison se déroule dans le Limbourg, une province belge devenue une plaque tournante du trafic d’ecstasy. Pour tenter de démanteler un trafic, deux agents : Bob (l’acteur belge Tom Waes) et Kim (l’actrice néelandaise Anna Drijver), vont infiltrer le camping dans lequel réside l’un des plus gros dealers : Ferry Bouman (Frank Lammers). Cette histoire est inspirée de l’arrestation de Janus van W, un grand baron de la drogue aux Pays-Bas et qui vivait dans un chalet à Lommel en Belgique. Il a été arrêté par deux agents sous couverture. Pour ses activités criminelles, l’homme a été condamné à 14 ans de prison.

“Undercover” est la preuve que pour faire de bonnes réalisations, séries ou films, le budget n’est pas un élément indispensable. Avec un scénario bien ficelé, du suspens, de l’action, des cliffhangers nombreux, une bonne dose d’humour belge, qui fait son effet grâce aussi à l’interprétation des acteurs, la série se révèle redoutablement addictive. Les personnages mêmes les plus “barrés” parviennent par moment à devenir attachants. Enfin, la série ne se concentre pas uniquement sur la partie thriller puisque la vie personnelle des personnages influe sur chacun.

Elle était d’ailleurs nommée au tout premier festival Canneséries en 2018. Diffusée plus d’un an plus tard sur Canal+, elle a ensuite rejoint le catalogue Netflix, sur lquelle vous pourrez également regarder … la saison 2 !

Car oui il y a une saison deux, différente mais tout aussi efficace, qui se déroule cette fois chez des frères belges qui se livrent à un traffic d’armes.

La série est toujours en cours et l’on peut donc espérer une troisième saison, même si pour le moment rien n’est confirmé.

Source : https://ayther.fr/

A défaut de pouvoir aller au cinéma, on continue de découvrir de nouveaux films en DVD, VOD ou sur les plateformes. Depuis la semaine dernière Netflix propose LA MISSION (titre original : “News of the world”), western signé Paul Greengrass avec Tom Hanks.

Après “Capitaine Phillips” tourné également ensemble en 2013, l’acteur interprète ici le Capitaine Kidd, qui après la guerre de Sécession parcourt les territoires de l’Amérique pour lire la presse aux habitants de lieux reculés. Sa route va croiser celle d’une jeune fille allemande, qui a été recueillie et élevée par une tribu indienne. Séparée de sa famille biologique puis de cette tribu, incapable de communiquer en anglais, elle n’a plus aucun repère et le premier contact avec ce brave qui souhaite l’aider ne sera pas évident. Pourtant, le Capitaine va décider de la conduire chez des membres de sa famille encore en vie. Commence alors un long et périlleux chemin à deux.

Le réalisateur, à qui l’on doit également “Green Zone” et les “Jason Bourne”, ne prend ici pas grand risque. Il réalise un film plaisant à regarder que l’on pourrait qualifier de western gentillet. Les éléments principaux d’un western sont présents, mais lissés. Rien de terriblement dramatique qui ne soit aussitôt pansé par de bons sentiments. Tom Hanks est l’homme idéal pour ce genre de rôles qu’il endosse souvent et sert toujours avec justesse. La vedette n’est cependant pas loin de lui être dérobée par la jeune Helena Zengel, découverte dans “Benni”. A seulement douze ans, la jeune fille interprète un rôle dans lequel elle n’a pratiquement aucune phrase à prononcer : tout passe par le regard et elle parvient à imposer sa présence à l’écran et à illuminer le film.

Pour la bande-annonce c’est par ici ! https://www.facebook.com/netflixfrance/videos/162127562199636

#netflix #western #TomHanks #HelenaZengel

Ce 9 février, vous pourrez profiter d’une sortie cinéma … à la télévision avec Canal+ qui diffuse en prime time “THE NEST”, long-métrage qui a remporté trois prix au Festival du Cinéma Américain de Deauville.

Dans les années 1980, Rory (Jude Law), un ancien courtier Londonien installé aux Etats-Unis, convainc son épouse américaine Allison (Carrie Coon) et leurs deux enfants de quitter le confort d’une banlieue cossue des Etats-Unis pour s’installer dans son Angleterre natale. Persuadé d’y faire fortune, Rory loue un vieux manoir en pleine campagne où sa femme pourra continuer à monter à cheval. Mais les affaires ne se développent pas comme espéré, et l’équilibre familial se fissure.

“The Nest” est le second long-métrage de Sean Durkin, après « Martha Marcy May Marlene » qui lui a permis en 2011 de remporter le Prix du meilleur réalisateur au Festival de Sundance. Le réalisateur est également connu comme producteur pour « Afterschool » d’Antonio Campos, « Two Gates of Sleep » d’Alistair Banks Griffin (2010) et « James White » de Josh Mond (2015), tous présentés en compétition au Festival du Cinéma Américain de Deauville.

Et c’est dans l’édition très spéciale de 2020 de ce même Festival que “The Nest” a remporté le Grand Prix, le Prix de la Révélation et le Prix de la Critique. Un hold-up donc, qui est pourtant surprenant.

Tout à la fois critique de l’ambition sociale, de la recherche absolue d’ascension et de la destruction progressive d’une vie familiale, le réalisateur a aussi instillé une part de fantastique. Mais une petite part seulement et c’est bien là le problème. Cette grande demeure vide et parfois étrange aurait été un terrain de jeux propice à ce genre qui n’est finalement pas du tout développé. Ainsi à force d’hésiter entre plusieurs genres : drame, thriller et fantastique, le spectateur se perd et reste totalement sur sa faim. Ce qui est d’autant plus dommage avec un tel casting, tout particulièrement Carrie Coon qui montre dans ce premier grand rôle au cinéma toute l’étendue de son talent.

“Bad Education” est une comédie dramatique inspirée de faits réels. Frank Tas­sone (Hugh Jackman) et Pame­la Glu­ckin (Allison Janney) dirigent un éta­blis­se­ment sco­laire très pri­sé de Long Island, en passe de deve­nir le mieux côté de tous les États-Unis. Leur école génère ain­si des records d’ad­mis­sions et des recettes expo­nen­tielles. Quand une jeune lycéenne décide de s’intéresser à un projet de l’établissement comme sujet d’un article pour le journal de l’école, un scan­dale de détour­ne­ment de fonds éclate.

Après son premier long-métrage “Pur-sang” présenté au Festival de Sundance en 2017, le réalisateur Cory Finley s’est intéressé à cette histoire vraie sur le plus grand vol d’une école aux Etats-Unis. Cory Finley s’est accompagné dans cette aventure de Mike Makowsky qui a écrit le scénario. Ce dernier est un ancien élève du lycée Roslyn, dans lequel les faits se sont déroulés. Cela l’intéressait aussi de raconter cette histoire fascinante sur l’ambiguité d’un homme charmant et charismatique qui à la fois prenait la peine de rencontrer et connaître chaque étudiant de son établissement, et qui s’est battu pour offrir un programme d’une telle qualité que le lycée est devenu l’un des meilleurs du pays, et s’est en même temps livré à de tels agissements.

Malgré un bon casting avec Hugh Jackman et Allison Janney (C.J. dans “A la maison blanche”) et une histoire intéressante, la réalisation ne parvient pas vraiment à nous emporter. A hésiter entre le documentaire et la comédie, et à vouloir faire passer subtilement le message sur la culpabilité du héros, le spectateur reste sur sa fin.

1h48 – Disponible dpeuis le 13 septembre sur #OCS

Quelle a été l’issue dans la réalité ?

Franck Tassone a été reconnu coupable du vol de 2,2 millions de dollars et condamné à une peine de 4 à 12 ans de prison. Pamela Gluckin a reconnu avoir détourné 4,3 millions de dollars, elle a témoigné contre Tassone et a été condamné à une peine de 3 à 9 ans. 11 millions de dollars ont été détournés en tout, c’est le plus grand vol subi par une école aux Etats-Unis. Ce scandale a été couvert par le New York Times Newsday et les journaux de la région. mais celui qui avait révélé l’affaire était le journal des lycéens de Roslyn. A cause d’un vide judiciaire dans le système des retraites de l’Etat de New-York, Frank Tassone perçoit toujours 173 495,04 dollars par an.

Un riche homme d’affaires, Victor Genovés (Luis Tosar), propriétaire d’un grand groupe de médias, se trouve soumis à un chantage par un groupe se faisant appelé “les Spadassins de Midas“, “Los Favoritos de Midas” en espagnol, titre original de la série. Le chantage apparaît sous la forme de lettres charmantes lui expliquant très simplement que s’il n’accepte pas de payer 50 millions, des personnes qui lui sont totalement étrangères mourront régulièrement. En parallèle, une journaliste (Marta Belmonte) travaillant pour un média publie un article sur un scandale financier.

La série espagnole a été écrite et réalisée par Mateo Gil, réalisateur du film “Blackthorn” et lauréat du Goya du meilleur scénario original pour “Agora”. Elle a été co-réalisée par Miguel Barros qui avait travaillé avec Mateo Gil sur “Blackthorn”. Il s’agit d’une adaptation d’une nouvelle de Jack London dont le titre original est The Minions of Midas. Le roi Midas était « un roi maudit qui transformait tout ce qu’il touchait en or. »

D’abord publiée dans les Pearson’s magazine en 1901, le récit sera ensuite repris dans le recueil Moon-Face and Other Stories en septembre 1906. L’auteur y critique l’avidité capitaliste. L’autre particularité est que la masse inconnue du groupe exerçant le chantage se montre dépourvue de sentiments et d’empathie, tandis que les riches capitalistes sont eux en proie à un sentiment de culpabilité et font preuve de sensibilité, alors que dans les écrits sur ce thème c’est généralement l’inverse qui est décrit.

Le récit est transposé à Madrid à notre époque. L’adaptation est relativement fidèle reprenant les lettres adressées au personnage principal et qui jalonnaient déjà le récit initial. Cette critique de la société constitue un bon thriller, porté par l’excellent acteur Luis Tosar qui incarne le personnage principal. Outre de nombreuses interprétations dans des productions espagnoles, notamment en 2003 dans “Ne Dis Rien” qui lui vaudra le Goya du Meilleur Rôle Masculin, Luis Tosar a également brillé dans des productions internationales : en chef de cartel face aux côtés de Colin Farrell et Jamie Foxx dans “Miami Vice – Deux flics à Miami” de Michael Mann en 2006 ou dans “The Limits of Control” de Jim Jarmusch. Plus récemment, en 2010, il a remporté un grand succès pour sa performance dans “Cellule 211”.

Il est entouré de deux bons seconds rôles Marta Bemonte et Wille Toledo.

**Attention SPOILER en dessous :

Si la fin pourra vous laisser sur … votre faim, sachez que l’absence de révélation concernant les auteurs du chantage est conforme au récit dont la série est adaptée. Néanmoins si cela peut passer dans un récit écrit il est vrai que dans une série nous avons maintenant l’habitude que tout nous soit montré et expliqué. Ce qui manque peut-être de précision en revanche est l’absence de réaction du héros à la mort de la journaliste dont il était a priori amoureux.

Disponible sur Netflix depuis le vendredi 13 novembre 2020

*Source : Editions Libertalia

Nouvelle mini-série fraichement arrivée sur Netflix, Le jeu de la dame (“A queen’s gambit”) est rapidement passé dans le top des vues sur la plateforme.

Elle relate l’histoire de Beth Harmon à partir de ses neuf ans jusqu’à ses vingt-deux ans. Dans les années 1950, alors que Beth vit seule avec sa mère, un drame va la rendre orpheline. Elle sera alors prise en charge par une structure pour jeune filles, où à l’époque les enfants étaient “canalisés” par une ingestion de tranquillisants.

Les jeunes de son âge sont rarement adoptés, les familles recherchant de préférence de très jeunes enfants. A défaut, Beth se rapprochera d’une camarade, Jolene, et de Monsieur Schaibel, le gardien de l’établissement, qui la formera au jeu d’échecs dans le sous-sol du bâtiment. L’homme réalisera très vite que la jeune fille a un véritable don pour ce jeu et la poussera à progresser.

Beth n’aura de cesse de vouloir se dépasser, véritablement habitée par les pions et leur manœuvre. Finalement adoptée à 15 ans par un couple qui bat de l’aile, Beth s’inscrira à des tournois, avec pour objectif ultime d’affronter un jour le champion du monde Russe. La jeune femme sera à la fois portée et freinée par son addiction tant aux médicaments qu’à l’alcool ensuite, oscillant entre génie et folie.

La question qui vient à l’esprit du spectateur est : l’histoire est-elle inspirée d’un personnage réel ? Beth Harmon a-t-elle vraiment existé ? Au risque de vous décevoir, il s’agit d’un personnage de fiction, crée par l’écrivain Walter Tevis, auteur de “l’Arnacoeur” et “la Couleur de l’argent”. Et si le personnage principal n’a pas existé, l’auteur s’était en revanche inspiré de sa propre expérience, tant de joueur d’échecs, que de dépendant aux anxiolytiques. Le roman publié en 1983 a été adapté en série par l’Américain Scott Frank -à qui l’on doit l’autre très bonne minisérie western “Godless” (avec Michele Dockery et également disponible sur Netlfix)- et Allan Scott (“Priscilla, folle du désert, la comédie musicale”).

Je l’ai pitché à Netflix en pensant qu’ils ne voudraient jamais adapter un livre sur une petite fille qui joue aux échecs… et immédiatement ils ont dit oui”  

Scott Frank dans Entertainment Weekly

Les créateurs ont sollicité les conseils de grands professionnels du jeu, Bruce Pandolfini et Garry Kasparov. Cela leur a permis de réaliser une série passionnante sur les échecs qui fascinera tant les joueurs avertis que les néophytes. Les livres cités ainsi que les stratégies existent réellement. Ce réalisme et cette précision ne sont pas seuls responsables du succès de la série.

Tous les acteurs incarnent leur personnage avec force et justesse. Outre l’héroïne interprétée par l’actrice argentino-américano-britannique Anya Taylor-Joy (vue dans « Emma », « The Witch » et “Peaky Blinders”), on retrouve également Thomas Brodie-Sangster, le jeune garçon de “Love Actually”, qui interprète ici le rôle de Benny Watts, ou encore Harry Melling, cousin d’Harry Potter, dans le rôle de Harry Beltik.

La réalisation est également très travaillée. Les superbes tenus sixties portée avec grande élégance par l’actrice, et la bande originale, transportent avec plaisir dans un univers travaillé reconstituant avec goût les années 1960.

La série compte 7 épisodes d’environ 60 minutes. Aux spectateurs qui espéraient ou s’interrogeaient sur la réalisation d’une saison 2, Netflix a rappelé le sens du terme “mini-série” :

Disponible sur Netflix depuis le 23 octobre 2020

ADN

Neige (Maïwenn), divor­cée et mère de trois enfants, rend régu­liè­re­ment visite à Émir, son grand-père algé­rien (Omar Marwan) qui vit désor­mais en mai­son de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l’a éle­vée et sur­tout pro­té­gée de la toxi­ci­té de ses parents. Les rap­ports entre les nom­breux membres de la famille sont com­pli­qués et les ran­cœurs nom­breuses… Heu­reu­se­ment Neige peut comp­ter sur le sou­tien et l’humour de Fran­çois, son ex (Louis Garrel). La mort du grand-père va déclen­cher une tem­pête fami­liale et une pro­fonde crise iden­ti­taire chez Neige. Dès lors elle va vou­loir com­prendre et connaître son ADN.

Le nouveau long métrage de Maïwenn faisait partie de la sélection du Festival de Cannes et était présenté en première au Festival du Cinéma Américain de Deauville dans la section “l’Heure de la Croisette”.

La réalisatrice traite de façon très crue, sans filtre, le deuil et tous ces moments étranges qui lui succèdent : les réunions de famille dont les membres se disputent ou plaisantent nerveusement, notamment autour des décisions à prendre. Situation d’autant plus complexe quand les petits-enfants ont eu un lien presque de parents-enfants avec leurs grands-parents qui les ont élevés. Neige a des relations compliquées avec sa mère (Fanny Ardant) et son père. Emir était tout pour elle, aussi peu de temps avant son décès avait-elle fait écrire et éditer un livre sur sa vie, ses souvenirs d’Algérie qui ont bercé son enfance.

Cette perte va déclencher une quête identitaire chez Neige, que la réalisatrice a elle-même vécu à la mort de son grand-père algérien il y trois ans, période durant laquelle elle a, comme sa protagoniste, lu tous les livres qu’elle trouvait parlant de l’Algérie. Le test ADN que réalise Neige dans le film est en réalité le test ADN de Maïwenn, qu’elle a réalisé dans cette période de sa vie.

Néanmoins le dernier tiers du film dédié à sa quête mais aussi à ses souffrances physiques et mentales déséquilibre le film qui devient trop centré sur son auteur. Bien que la réalisatrice se défende d’une autobiographie -“tout le film n’est pas inspiré de ma vie. Loin de là.” (1)- les éléments personnels se confondent avec la fiction.

Si son casting de choix permet une interprétation parfaite de toutes les situations, la place laissée à l’improvisation apporte également une dose de naturel et de spontanéité qui rendent les scènes d’autant plus réalistes et crédibles. Ainsi les répliques de Louis Garrel sont de lui.

Ainsi, en dépit de thèmes dramatiques, la réalisatrice parvient également à instiller beaucoup d’humour dans ces situations parfois surréalistes, notamment la scène du choix du cercueil qui est tragiquement absurde. Et c’est ce mélange de drame et de légèreté qui font la richesse de ce film touchant.

Le Pacte – Sortie en salles le 28 octobre 2020 repoussée au 19 mai 2021

*Maïwenn à Deauville le 11 septembre 2020 pour présenter ADN


(1) Source : Version Femina n°969

Ma note : 08/10

Lyz, 15 ans, vient d’in­té­grer une pres­ti­gieuse sec­tion ski-études du lycée de Bourg-Saint-Mau­rice. Fred, ex-cham­pion et désor­mais entrai­neur, va tout miser sur sa nou­velle recrue. Lyz, gal­va­ni­sée par son sou­tien, s’in­ves­tit à corps per­du et va de suc­cès en suc­cès. À 15 ans, on n’a aucune limite tant phy­sique qu’é­mo­tion­nelle. Lyz, isolée de son unique famille, sa mère, bas­cule sous l’emprise abso­lue de Fred. L’éner­gie explo­sive de l’a­do­les­cence don­ne­ra-t-elle à Lyz la force de rega­gner sa liber­té ?

Slalom est le premier long métrage de Charlène Favier. On y retrouve la jeune Noée Abita. Découverte à 17 ans dans le film Ava sorti en 2017, dans lequel elle interprétait une adolescente de 13 ans qui apprenait qu’elle allait perdre la vu, elle se glisse à nouveau, à 21 ans , dans le corps d’une jeune fille plus jeune, âgée de 15 ans, qui va devoir sculpter son corps pour devenir une athlète accomplie. L’actrice pour aborder ce type de rôles “créer toujours une enveloppe charnelle et les mots viennent ensuite”.

“J’ai redécouvert l’univers de la montagne, qui est hostile et où le corps se tend, la respiration change.”

Noée Abita

Un nouveau rôle difficile dans ce film qui évoque les abus sexuels dans le milieu du sport. La jeune actrice a expliqué en conférence de presse qu’ils en ont “beaucoup discuté ensemble pour préparer les scènes d’agression, et tout s’est passé avec beaucoup d’amour et de respect”.

Jérémy Renier, à l’interprétation aussi stupéfiante que dérangeante, a été choisi par la réalisatrice car “c’est un caméléon et que le rapport au corps est très important, c’est un langage des corps“.

Charlène Favier parvient à traiter ce sujet délicat sans tomber dans les clichés, sans complaisance, soulignant à dessein l’ambivalence.

Ce film est une réussite, enrichi des superbes images de Yann Maritaud qui contribuent à donner de la force à cette belle réalisation.

Slalom faisait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 2020 et a été récompensé du Prix d’Ornano-Valenti au Festival de Deauville.

Jour2Fête – Sortie le 4 novembre 2020 repoussée au 19 mai 2021