“Bad Education” est une comédie dramatique inspirée de faits réels. Frank Tas­sone (Hugh Jackman) et Pame­la Glu­ckin (Allison Janney) dirigent un éta­blis­se­ment sco­laire très pri­sé de Long Island, en passe de deve­nir le mieux côté de tous les États-Unis. Leur école génère ain­si des records d’ad­mis­sions et des recettes expo­nen­tielles. Quand une jeune lycéenne décide de s’intéresser à un projet de l’établissement comme sujet d’un article pour le journal de l’école, un scan­dale de détour­ne­ment de fonds éclate.

Après son premier long-métrage “Pur-sang” présenté au Festival de Sundance en 2017, le réalisateur Cory Finley s’est intéressé à cette histoire vraie sur le plus grand vol d’une école aux Etats-Unis. Cory Finley s’est accompagné dans cette aventure de Mike Makowsky qui a écrit le scénario. Ce dernier est un ancien élève du lycée Roslyn, dans lequel les faits se sont déroulés. Cela l’intéressait aussi de raconter cette histoire fascinante sur l’ambiguité d’un homme charmant et charismatique qui à la fois prenait la peine de rencontrer et connaître chaque étudiant de son établissement, et qui s’est battu pour offrir un programme d’une telle qualité que le lycée est devenu l’un des meilleurs du pays, et s’est en même temps livré à de tels agissements.

Malgré un bon casting avec Hugh Jackman et Allison Janney (C.J. dans “A la maison blanche”) et une histoire intéressante, la réalisation ne parvient pas vraiment à nous emporter. A hésiter entre le documentaire et la comédie, et à vouloir faire passer subtilement le message sur la culpabilité du héros, le spectateur reste sur sa fin.

1h48 – Disponible dpeuis le 13 septembre sur #OCS

Quelle a été l’issue dans la réalité ?

Franck Tassone a été reconnu coupable du vol de 2,2 millions de dollars et condamné à une peine de 4 à 12 ans de prison. Pamela Gluckin a reconnu avoir détourné 4,3 millions de dollars, elle a témoigné contre Tassone et a été condamné à une peine de 3 à 9 ans. 11 millions de dollars ont été détournés en tout, c’est le plus grand vol subi par une école aux Etats-Unis. Ce scandale a été couvert par le New York Times Newsday et les journaux de la région. mais celui qui avait révélé l’affaire était le journal des lycéens de Roslyn. A cause d’un vide judiciaire dans le système des retraites de l’Etat de New-York, Frank Tassone perçoit toujours 173 495,04 dollars par an.

Danielle est en ter­mi­nale et entre­tient une rela­tion sexuelle tari­fée avec Max, un homme marié. Elle doit rejoindre à contrecœur ses parents afin de par­tici­per à une Shi­va, rituel juif accom­pli après la mort d’un proche. À son arri­vée, son atti­tude désin­volte, sa maigreur, son célibat et son dés­in­té­rêt pour les études supé­rieures lui valent des remarques déso­bli­geantes de la part de cer­tains membres de la famille et amis. Mais la journée ne va pas aller en s’arrangeant quand Max fait son appa­ri­tion avec sa femme et leur bébé pleur­ni­cheur.

Il s’agit du premier film écrit et réalisé par Emma Seligman, qui a souhaité évoquer la pression que la communauté fait peser sur les jeunes filles juives. Lors de ses études de cinéma à l’université de New-York la jeune femme avait réalisé un court-métrage de fin d’études intitulé Shiva Baby, qu’elle a choisi de développer ici en long métrage.

Le premier quart d’heure est une farandole d’humour, notamment entre Danielle (Rachel Sennott) et sa mère (Polly Draper). Les situations cocasses se succèdent, l’héoïne est harcelée de questions sur son avenir, tous les sujets sont abordés et chacun semnle autorisé à exprimer son avis. La tension monte, à l’instar de son “ras-le-bol”. Le bruit devient omniprésent, notamment avec le bébé de son amant/client. Les visages se déforment, deviennent grossiers, l’air lui manque. Et si le spectateur saisit parfaitement le sentiment d’oppression qui l’assaille, la cacophonie et les images finissent par devenir insupportables.

Le sujet est par ailleurs intéressant et universel, car si la pression semble très forte dans la communauté juive, le dictat social demeure encore trop présent pour les jeunes femmes de nos jours.

Le fait que le film soit à l’origine un court-métrage se ressent peut-être trop, comme s’il avait été étiré en longueur. La réalisatrice n’avait peut-être juste pas encore la maturité et l’expérience de réalisation nécessaires pour le développer dès à présent en long-métrage. Mais ce premier film est plein de promesses.


Shi­va Baby LLC – 1h17

L’équipe du film à la première au #Deauville2020 © Deauville, on t’aime!

Alexandre (Denis Podalydès), chô­meur déclas­sé, a deux mois pour prou­ver à sa femme (Vanessa Paradis) partie en mission dans un sous-marin qu’il peut s’oc­cu­per de ses deux jeunes enfants, retrouver un travail et être auto­nome finan­ciè­re­ment. Pro­blème : The Box, la start-up très friend­ly qui veut l’embaucher à l’es­sai a pour dogme : « Pas d’en­fant ! », et Séve­rine (Sandrine Kiberlain) sa future supé­rieure, est une « tueuse » au carac­tère autoritaire et impulsif. Pour obte­nir ce poste, Alexandre va donc men­tir… La ren­contre avec Arcim­bol­do (Bruno Podalydès), qui multiplie les petits bou­lots sur applis, lui permettra-t-elle de relever tous ces défis ?

Bruno Poladylès signe ici une comédie à pleurer de rire sur l’uberisation de notre société, moquant les utilisations d’acronymes et de jargon franco-anglais dans les entreprises. Le film est particulièrement d’actualité et fera écho pour beaucoup à des situations vécus pendant les confinements notamment ces fameuses visio-conférences qui se sont multipliées, parfois dans des conditions rocambolesques pour certains, notamment ceux avec enfants à gérer en simultané.

Le film aborde aussi le thème des apparences : la femme d’affaires impitoyable qui cache un secret, la start up qui se prétend une entreprise cool et qui pourtant impose tout autant voire plus de règles à ses employés que les autres sociétés.

Seul petit bémol : la fin qui perd le rythme avec les deux dernières scènes inutiles. Cela n’empêche pas de se régaler de l’humour et de l’interprétation de tous les acteurs notamment parmi lesquelles celle du magicien Yann Frisch, totalement désopilant.

UGC Dis­tri­bu­tion – 1h32 –

Trois his­toires qui évoquent l’amour, la fidélité et l’amitié. Il y a d’abord Two for Din­ner dans laquelle un couple marié qui vit tem­po­rai­re­ment loin l’un de l’autre tente de maintenir une relation proche et romantique avec FaceTime. Dans Sai­ling Les­son un vieux couple tente de raviver la flamme mais se retrouve dans une situa­tion inat­ten­due. Late Lunch dans laquelle une jeune femme qui vient de perdre sa mère invite à déjeu­ner les amies de la défunte afin d’évoquer son sou­ve­nir. Des révé­la­tions vont écla­ter au grand jour.

Cette comédie dramatique d’Eleanor Coppola (l’épouse du réalisateur Francis Ford Coppola) était sa seconde réalisation, à l’âge de 84 ans, ce qui constitue un record car elle a été la femme la plus âgée à réaliser son premier film : Paris can Wait disponible sur Netflix.

Le beau casting d’acteurs (Joanne Whalley, Chris Messina, Rosanna Arquette) ne suffit pas à sauver ce film. Le premier tableau est touchant quand l’on pense que cela a été pensé par une femme qui n’est absolument pas de la génération du numérique. Le dernier tableau s’étend lui en longueurs, avec une alternance entre platitudes et bons sentiments le tout complété par de ridicules clichés sur la France.

Même dans une comédie américaine, la mièvrerie et les références à la France sont à manier avec précaution, sous peine de tomber dans le ridicule. L’écueil n’a malheureusement pas été éviter.

Bon­jour Anne – 1h31

Un célèbre auteur de romans policiers Harlan Thrombey (Christopher Plummer) est retrouvé mort égorgé dans son manoir le soir de ses 85 ans. Pour cette occasion, toute sa famille y était alors réunie. Tout semble indiqué un suicide. Mais c’est sans compter l’intervention de Benoit Blanc (Daniel Craig) mandaté par un mystérieux inconnu pour enquêter sur ce qui pourrait bien être un meurtre.

Le film prend des allures de Cluedo : chaque personnage a un mobile, qu’il s’agisse de sa bien dévouée famille, de son infirmière. Les interrogatoires sont l’occasion de flash back au soir de l’anniversaire, nous montrant tour à tour chaque personne, tous incarnés par un casting cinq étoiles : Jamie Lee Curtis, Tony Collette en hystérique new age, Chris Evans, Michael Shannon ou encore Ana de Armas. Cette galerie de portrait est un véritable festival.

Le réalisateur Rian Johnson a momentanément délaissé les superproductions pour s’initier au style “Agatha Christie”. Cela lui convient aussi bien qu’à Daniel Craig ici dans un rôle à contremploi. Tous relèvent le défi haut la main dans cet exercice de style totalement réussi.

Ce nouveau long métrage de Nicolas Bedos était présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes et projeté en clôture du Festival du Film de Cabourg – les Journées Romantiques.

Victor (Daniel Auteuil), un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine (Guillaume Canet), un brillant entrepreneur, lui propose une activité novatrice : son entreprise propose permet en effet à ses clients de replonger dans l’époque de leur choix, aidés par des décors et des acteurs. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour, interprété par Fanny Ardant.

Après sa réalisation Monsieur et Madame Adelman également avec Doria Tillier, Nicolas Bedos a cette fois choisi de rester derrière la caméra, laissant briller l’actrice aux côtés de Daniel Auteuil. Un casting cinq étoiles pour une création inventive, à la fois drôle et cynique.

Est-il judicieux de se tourner vers le passé ? Que ferions-nous si nous avions la possibilité de tout changer ? Malgré quelques longueurs et un focus trop prononcé sur l’actrice/compagne du réalisateur, le film est entêtant et vous emporte dans une valse de pensées et d’émotions.

En salles le 6 novembre

Doria Tillier au Festival de Cabourg
(C) Deauville, on t’aime !

Projection en avant-première lors du Festival

La nouvelle réalisation de Gurinder Chadah, réalisatrice de “Joue la comme Beckham” et “Le Dernier Vice Roi des Indes”, a été saluée par une standing ovation à l’issue de sa projection en avant-première au Festival du Cinéma Américain de Deauville.

Fin des années 1980 dans une Angletterre en pleine crise politique et économique sous la Dame de fer, Javed, adolescent d’origine pakistanaise, se réfugie dans l’écriture pour échapper au racisme ambiant et au destin que son père, très conservateur, imagine pour lui.  Sa vie va être bouleversée le jour où l’un de ses camarades lui fait découvrir l’univers de Bruce Springsteen. Touché par les paroles du “Boss” qui semblent décrire tout ce qu’il vit, Javed va être animé d’un nouvel élan.


Ce film est inspiré d’une histoire vraie, objet du livre “Greetings from Bury Park”, récit autobiographique du journaliste Sarfraz Manzoor, passionné par Bruce Springsteen. La réalisatrice, présente à Deauville, a expliqué avant la projection les débuts de ce film : alors qu’elle était avec l’auteur à la projection d’un documentaire sur Bruce Springsteen, ils ont rencontré le chanteur, et lui ont demandé en personne si elle pouvait adapter le livre en film. Le chanteur a donné immédiatement son accord.

Elle a choisi pour le rôle principal Viveik Kalra, dont c’est le premier film et qui transforme parfaitement l’effet.

Dans ce feel good movie la réalisatrice parvient à aborder la situation en Angleterre à cette époque sur fond de tubes de Bruce Springsteen. Néanmoins elle semble n’avoir pas su choisir entre comédie musicale et comédie dramatique, créant un léger déséquilibre entre les deux moitiés du film et des longueurs dans la première partie.

Heureusement, la bonne humeur l’emporte à la fin.

Cette comédie dramatique sur l’amitié entre deux hommes pendant plusieurs années a été à la fois produit réalisée et interprétée par Michael Angelo Covino et Kyle Marvin. Présenté au Festival de Sundance, le film a également reçu le Coup de Cœur du Jury dans la catégorie Un Certain Regard au Festival de Cannes.

Kyle Marvin

Depuis leur rencontre il y a dix sur le tournage d’une publicité, ces deux là sont devenus amis et ont produit plusieurs films ensemble. Il s’agit là de leur première réalisation qui est déjà très aboutie.

Ce lien qui existe au quotidien entre eux leur a permis de “capturer l’amitié et la complicité qui était la leur”. et cela fonctionne parfaitement.

Si l’humour est plutôt british, rappelant le film britannique “The Trip” avec Steve Coogan, les références à la France sont nombreuses : Judith Godrèche en fiancée, la musique -bien qu’ils aient dû se limiter en raison du montant des droits d’auteur- mais aussi la mise en scène, inspirée du cinéma de Pierre Etaix avec des ressorts comiques dans des scènes dramatiques. Les raisons à cela sont diverses : ils déclarent avoir toujours aimé le cinéma français, mais aussi la culture française qu’ils ont voulu “représenter comme eux la connaissent vraiment et la rendre de façon plus romantique que dans les autres productions américaines”.

Au final, cette comédie dramatique surprend, le spectateur fini par se prendre d’amitié pour les personnages au gré de ces plans séquences tourné méticuleusement malgré une apparence parfois cacophonique. On retrouve ici un niveau de comédie dramatique rare actuellement au cinéma.

On a adoré “JE PROMETS D’ÊTRE SAGE”, film français dans la section Panorama du Festival du Film de Cabourg , qui concourt pour le Prix du Public. Un premier long métrage de Ronan Le Page

Après un énième échec avec une pièce de théâtre qu’il a mise en scène, Franck décide d’abandonner son statut d’intermittent du spectacle pour un poste plus sécurisant : gardien dans un musée. Il y fait la rencontre de Sybille, également agent de surveillance, mais qui recèle bien des secrets… Elle va parvenir à l’entraîner dans une escroquerie, qui sera peut être un nouveau départ pour eux.

Si la scène d’ouverture est pour le moins surprenante et destabilisante, on est très vite pris par cette comédie sans longueur et emplie de traits d’humour. 
Il y a bien longtemps que l’on avait aps vu une comédie française ainsi portée par un vrai jeu d’acteurs, car ce qui semble le plus simple à jouer est parfois le plus compliquer. Or Pio Marmai et Léa Drucker sont tous deux excellents.

La bande originale composée par Florent Marchet est simplement parfaite 🎶

Sun

“SUN” était projeté pour la première fois en salles lors du Festival du Film de Cabourg dans la section Panorama.

Sunhil Pratham, aussi appelé Sun, est un livreur d’origine indienne qui mène une vie effrénée dans le Paris d’aujourd’hui. Décidé à monter sa propre société de coursiers, son plan est vite compliqué par l’arrivée de son cousin Ash, joueur de sitar venu à Paris pour faire carrière. Il embauche alors des chômeurs destinés à devenir à la fois coursiers et membres d’un groupe de musique avec Ash.

Cette comédie est rythmée par une bande originale très dynamique qui porte le film mais comble également les quelques longueurs présentes dans la réalisation. Les scènes comiques ne sont pas toujours drôles, mais le message principal du film est beau : l’union fait la force. A souligner, l’interprétation des deux rôles principaux masculins : Tewfik Jallab (Sun) et Aadar Malik (Ash)

Le film est réalisé par Jonathan Desoindre et Ella Kowalska, et notamment produit par Julie Gayet.

Sortie en salles le 26 juin