Rick (Christian Bale), auteur de comédies résidant sur la Côte Ouest des Etats-Unis, envisage après un tremblement de terre d’opérer des changements dans sa vie.

Il est toujours difficile de résumer un film de Terrence Malick en une phrase, dans la mesure où il repose pour majeure partie dans la poésie et les sensations véhiculées entre autres par la photographie.

Knight of Cups m’a semblé moins abstrait que le précédent, “A la merveille“.

On suit le héros au rythme de ses rencontres, son père, son frère (Wes Bentley découvert dans American Beauty), et les femmes de sa vie incarnées par Cate Blanchett, Nathalie Portman, Freida Pinto…

Un certain nombre de spectateurs a quitté la salle avant la fin, mais Malick a un style que l’on révéré ou déteste.

 

En salles le 25 novembre 2015

Le Festival a retrouvé de nombreux habitués: les réalisateurs Mike Cahill (Another Earth en 2011, I Origins), Abel Ferrara (4:44 – Last day on earth en 2011, Pasolini), Ira Sachs (Forty shades of blue en 2005, Love is strange), Tate Taylon (La Couleur des Sentiments en 2011, Get on up!).

Le festival a également assisté au grand retour de Don Johnson au cinéma, présent ici dans deux films : Cold in July -film en compétition- et Alex of Venice présenté en avant-première.

Nous avons retrouvé avec un immense plaisir l’acteur Wes Bentley (American Beauty) dans le rôle principal de Things people do, Prix du 40ème Festival du Cinéma Américain, ainsi que dans un rôle secondaire dans un autre film en compétition: The better angels.

La jeune Noah Silver (interprète de la fille de Brody dans Homeland) poursuit ici sa carrière cinématographique en interprétant le rôle féminin principal dans le film en compétition Jamie Marks is dead.

Côte réalisateurs, on a découvert avec un immense bonheur le premier film de deux collaborateurs de Terrence Malick: Saar Klein et A.J. Edawards. Saar Klein, réalisateur du primé Things people do, a réussi le tour de force de réaliser un premier film magnifique, révélant certes une influence de Terrence Malick, mais doté aussi d’une richesse esthétique propre à cet ancien monteur, plus fois nommés aux Oscars.

Le festival est en effet souvent le révélateur de jeunes réalisateurs talentueux, qui étaient parfois connus jusque là pour leurs talents… d’acteurs. On avait ainsi pu rencontrer Famke Janssen (Nip Tuck, X-Men…) venue présenter en compétition Yelling to the sky en 2011, ou encore David Schwimmer (Ross dans Friends) pour Secret la même année.

Cette année, c’était au tour de Chris Messina (Damages, The Newsroom, Vicky Christina Barcelona) dont le premier long métrage Alex of Venice était présenté en avant-première. Ce film drôle et sensible marque des débuts extrêmement prometteurs.

Jessica Chastain, à laquelle un Prix du Nouveau Hollywood était remis en 2011, avait cette année là préféré limiter sa visite européenne à la Mostra de Venise; Ryan Gosling, qui devait se voir décerner le même prix avait quant à lui choisi préféré Disneyland en compagnie de sa nouvelle compagne depuis un mois, Eva Mendes, plutôt que de venir à Deauville.

Cette année, Jessica Chastain est bien venue. Elle a reçu un hommage et une cabine à son nom a été inaugurée. Lumineuse et accessible, elle n’a pas hésité à signer des centaines d’autographes, répondant en même temps aux gens qui la félicitaient pour son film.

 

On peut prendre conscience également de l’importance que revêt un tel festival pour des réalisateurs Américains hors de leur pays d’origine: une tribune où ils peuvent s’exprimer librement. Ainsi, le soir de son hommage John McTiernan s’est livré à une critique froide et implacable du système judiciaire et électoral américain. Suivi (hasard ou coïncidence) par le réalisateur de Camp X-Ray, Peter Sattler, qui a définit son film comme “apolitique“. Son film relate néanmoins relate la relation qui se noue entre une militaire américaine et un prisonnier au sein de Guantanamo.

 

Lors de la cérémonie de clôture, Vincent Lindon a évoqué, ému aux larmes, la performance d’actrice de Sandrine Kiberlain dans le film Elle l’adore, Prix Michel d’Ornano projeté le matin même et accueilli par une standing ovation avant même le générique de fin: “Il paraît même qu’elle a une petite fille [la fille qu’ils ont eue ensemble, ndlr], et elle doit être très fière de sa maman“.

Claude Lelouch a quant à lui déclaré que “les plus belles années étant celles qui étaient à venir, il espérait être là pour le 50ème anniversaire du Festival“.

C’est tout le bien qu’on lui souhaite.

 

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Bill (Wes Bentley), bon père de famille et expert pour une compagnie d’assurance, perd son travail et décide de le cacher à son entourage. Il va néanmoins devoir trouver des solutions pour compenser la perte de son salaire. Mais ne devient pas braqueur qui veut! Son inexpérience dans le domaine, sa gentillesse et son empathie ne vont pas lui simplifier la tâche.

Derrière ce pitch assez simple se cache un très beau film. A la fois drôle et touchant, le réalisateur Saar Klein aborde principalement le vaste sujet de la moralité: lorsque l’on souhaite agir au mieux, on se retrouve face aux contradictions que cela implique. Il le résume lui-même en ces termes: “il faut parfois se salir les mains pour survivre”. Le personnage est incarné avec sensibilité et humour par le brillant Wes Bentley découvert dans American Beauty.

L’esthétique du film est quant à elle un ravissement. Il y a un peu de Terrence Malick dans ce film, et pour cause: il est le mentor de Saar Klein, qui a été nommé pour l’Oscar du Meilleur Montage pour La Ligne Rouge.

Gros coup de cœur!

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Le réalisateur Saar Klein © Anne-Sophie Rivereau