Le jeune Daniel (Cress Williams), fils d’un Marine, perd sa sœur aînée victime d’un assassinat. Quinze ans plus tard, le jeune homme est garagiste et espère suivre les traces de son père. Il fait la connaissance de Cassie, lycéenne douée et pétillante en dernière année. Une relation amoureuse va naître entre eux, mais l’ombre des drames passés plane au-dessus d’eux.

Ce drame est la quatrième réalisation du scénariste et réalisateur Kerem Sanga, qui avait été récompensé en 2016 au Festival de Sundance pour son long-métrage First Girl I Loved.

L’intrigue débute bien et serait plutôt intéressante, d’autant qu’elle est bien interprétée. Néanmoins l’un des éléments principaux est deviné très vite, et les ficelles deviennent trop grosses, perdant en crédibilité à la fin.


1h47

Emma vit à New York. Brillante oenologue, cette célibataire de trente-deux ans cherche l’homme de sa vie. Matthew lui vit à Boston, est veuf, et père d’une petite fille dont il s’occupe seul dans sa jolie maison typique.

Ils vont se rencontrer grâce à un e-mail et organiser un rendez-vous à Manhattan. S’ils y vont bien le même jour à la même heure, et dans le même restaurant, ils ne se croiseront pas.

L’un d’eux ment-il ?

Outre la distance physique, un décalage temporel les sépare comme vous l’aurez sans doute compris. Les lecteurs qui ont vu le film “Entre deux rives” avec Keanu Reeves et Sandra Bullock le comprendront encore plus rapidement. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, sinon il n’y aurait pas plus de cinq cent pages dans ce roman. En effet, l’histoire tourne rapidement au thriller, habillement mené comme toujours avec Musso. L’écrivain a l’art de vous menez par le bout du nez jusqu’à ce que vous finissiez son roman !

Si je n’ai pas lu tous ses romans, je peux en revanche affirmer sans hésitation que parmi ceux que j’ai lus, “Demain” m’a semblé au dessus de la mêlée. Outre une histoire à priori invraisemblable et qui finit par sembler totalement réaliste, l’auteur décrit aussi avec sensibilité et intelligence les personnalités et les sentiments de ses personnages. Si Matthew fait face au deuil et à la difficulté de laisser entrer une nouvelle femme dans sa vie, Emma est dépressive et lutte contre un sentiment de solitude permanent et étouffant : “Emma était hantée par la solitude et l’insécurité affective . Chaque soir, elle se sentait un peu plus anéantie par la perspective de rentrer chez elle sans avoir personne à retrouver (…) Depuis l’adolescence, elle guettait, elle attendait cet homme qui serait capable de la comprendre. Mais il n’était pas venu. Et la certitude qu’il ne viendrait plus la minait”.

Editions Pocket – 544 pages

C.B. Strike est une série télévisée britannique basée sur les romans policiers de J.K. Rowling mais écrits sous le pseudonyme de Robert Galbraith. La série a débutée en 2017 et se compose de trois parties correspondant aux différents ouvrages de l’auteur : The Cuckoos’s Calling, The Silkworm et Career of Evil.

A travers ces sept épisodes nous suivons Cormoran Strike, vétéran de l’armée devenu détective privé à Londres, et évoluant dans un petit bureau contigu à son appartement. Il sera aidé dans ses enquêtes de Robin Ellacott, interprétée par Holliday Grainger (Bel-Ami, the Borgias, Cendrillon).

Le duo avec l’acteur Tom Burke (Les Mousquetaires, Guerre et Paix, Rochester) fonctionne très bien, et l’acteur principal incarne parfaitement le héros de la fameuse auteure de la saga Harry Potter.

Le second tome -et la seconde partie de la série- The Silkworm est moins passionnante et la réalisation, moins plaisante.

C.B. Strike n’en reste pas moins une excellente adaptation et l’on prend plaisir à suivre cette série, dont on attend avec impatience la suite.

Disponible sur OCS

Alistair Griffin Banks en conférence de presse

Le second long métrage de Alistair Griffin Banks, “The Wolf Hour” était projeté en compétition au 45ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Le réalisateur y avait déjà présenté en 2010 “Two Gates of Sleep”.

Il revient cette année avec un thriller psychologique à huis clos, dont l’héroïne est interprétée par Naomi Watts, également productrice du film. L’actrice livre ici une grande performance, portant entièrement le film. Elle y incarne June E. Leigh, ancienne romancière à succès qui vit recluse dans son appartement du Bronx. Alors que cette période de juillet 1977 est agitée par des émeutes et un tueur en série qui sévit, June est elle harcelée par un mystérieux individu. Inspiré par les personnages féminins forts, le réalisateur souhaitait se concentrer sur l’évolution d’un personnage qui avait autrefois une voix qui portait, qui avait le pouvoir de véhiculer des messages au monde, et qui se le voit soudain retirer.

Dans la moiteur d’un été new-yorkais, l’héroïne se trouve obligée de lutter entre ses démons intérieurs qui la confinent dans cet espace, jusque là son “sanctuaire” , et le harcèlement qui l’obligera à se confronter à sa plus grande peur. Pour se faire, sa créativité aura un rôle salvateur.

Le réalisateur a expliqué qu’ayant lui-même longtemps vécu dans un minuscule appartement de Chinatown, dépourvu de sonnette ou de téléphone, il a expérimenté cette isolement et claustrophobie. Ce projet est d’ailleurs entièrement le sien, pour lequel il n’a toujours envisagé que Naomi Watts. Si l’actrice n’était dans un premier temps pas disponible, ils ont par chance fini par se trouver. Après de longs échanges très personnels chez l’actrice, ils se sont lancés dans cette création. Tous d’abord à huis clos à l’instar de la protagoniste, puis ensuite avec le reste de l’équipe. A tel point que l’arrivée des autres personnages/acteurs dans ce petit décor d’appartement où ils ne travaillaient au début qu’à deux, a été vécu comme une intrusion par la réalisateur et l’actrice.

Si le jeu de Naomi Watts fait monter l’angoisse chez le spectateur du début à la fin, le réalisateur -qui précise s’être notamment inspiré de Polanski , Antonioni ou encore Bergman – a également joué sur des techniques spécifiques, comme par exemple la scène dans laquelle Jude se dirige vers la porte, qui ne comprend aucun contrechamp.

La musique, présente mais de façon subtile, joue également une grande,part dans le travail du réalisateur et qui contribue à l’angoisse qui se dégage. Le réalisateur a expliqué qu’il travaille depuis ses premiers court-métrages de lycée avec les mêmes amis devenus collaborateurs. “Ils ont la même compréhension et leur collaboration est intuitive” a précisé Alistair Banks Griffin.

Si le projet a été soutenu par le Sundance Film Institute, le budget du film était restreint. Et le fait que Naomi Watts soit toute à la fois l’actrice principale mais aussi la productrice, lui a permis de se rendre compte des contraintes matérielles et a suscité chez elle un investissement d’autant plus grand, souhaitant faire de son mieux dans les délai restreints impartis.

Le résultat à la hauteur des bons films du genre.

Ne vous fiez pas au titre: la série britannique Bodyguard n’a aucun lien avec le film éponyme, mais a bien battu des records d’audience au Royaume-Uni en 2018.

David Budd, ancien soldat souffrant d’un syndrome post-traumatique, déjoue un attentat alors qu’il prenait le train avec ses enfants. Spécialiste de la protection pour le Metropolitan Police Service de Londres, il se voit assigné à celle de Julia Montague (Keeley Hawes), secrétaire d’Etat de l’Intérieur. Leurs convictions les opposent.

Le succès de la série tient certainement à plusieurs éléments. Elle mêle différents genres, à l’instar de Homeland : politique, espionnage, thriller. La réalisation est rythmée, efficace, allant crescendo au fur et à mesure des épisodes. Si les premiers ne séduisent pas forcément (scènes de sexe sans intérêt), l’intrigue se met finalement en place à partir du quatrième. Le suspens devient haletant, la tension, palpable. La réalisation est servie par un excellent casting : Richard Madden, le célèbre Robb Stark de Game of Thrones, à l’accent écossais rugueux, la classy Keely Hawes ainsi que Gina McKee.

Saison 1 disponible sur Netflix

Bande annonce

 

Quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les agences de renseignement et de sécurité intérieure israéliennes échafaudent une mission secrète afin de capturer le tristement célèbre Adolph Eichmann. Déclaré mort lors du chaos qui a suivi la chute de l’Allemagne nazie, il vit et travaille désormais sous une nouvelle identité dans la banlieue de Buenos Aires en Argentine avec sa femme et ses enfants.

Réalisé par Chris Weitz et interprété par Chris Isaac, Sir Ben Kingsley et Mélanie Laurent, ce biopic est trop lent, sauvé par le jeu de Sir Ben Kingsley -très bien grimé- et Chris Isaac.

Le film ne sortira que sur Netflix (le 3 octobre)

 

 

Richie (Tye Sheridan), dix-huit ans, a eu une enfance difficile, balloté d’une famille d’accueil à l’autre. A 18 ans, il cherche à mener une vie droite, ne restant jamais sans travail, cherchant un logement. Dans son nouveau quartier, il fait la rencontre de Swim (Caleb Landry Jones), un jeune marginal abusant de l’alcool et de drogues et qui va tenter de l’attirer dans une sombre spirale. Quand leur propriétaire est retrouvée morte assassinée, Richie est suspecté du cambriolage et du meurtre. Swim le fait alors chanter, affirmant que Richie est coupable. Déambulant dans les rues, cherchant que faire, il vient en aide à une jeune femme (Imogen Poots) qui semble elle aussi vivre des moments difficiles.

Tye Sheridan © Deauville, on t’aime !

Le réalisateur A.J. Edwards était déjà venu présenté un long métrage au Festival de Deauville en 2014, “The Better Angels”. Il a travaillé de nombreuses années comme monteur pour Terrence Malick, comme plusieurs autres réalisateurs que nous avons le plaisir de découvrir lors de ce Festival. On pense notamment à Saar Klein, qui avait présenté en compétition “Things People Do“.

AJ Edwards © Deauville, on t’aime !

Tye Sheridan et A.J. Edwards se sont rencontrés alors que l’acteur n’avait que dix ans; c’était lors du tournage de “The Tree of Life”. L’influence du grand maître se ressent sur la façon de filmer, mais également sur les sensations que le réalisateur tentent de rendre palpables par l’image : la chaleur d’un rayon de soleil, le vent,tout ce que les personnages peuvent physiquement ressentir notamment dans les environnements vastes et déserts. Une partie du tournage a ainsi eu lieu dans un désert du Texas, très photogénique. La photographie est très importante, influence encore des collaborations entre le réalisateur et Terrence Malick. Et pourtant il a choisi de confier cette partie à un Directeur de la photo, qui a lui a notamment suggéré le changement de format (passage du 4:3 au 16:9 au cours du film. On peut rapprocher ce changement à l’évolution de perspectives du personnage, pour qui l’avenir semble de prime abord assez sombre jusqu’à sa rencontre avec la jeune femme, porteuse d’espoir.

L’histoire est elle inspirée de Crimes et Châtiments de Dostoïevski et est également une nouvelle adaptation du film  “Une place au Soleil”. Si l’on pourrait trouver qu’il est ici question de déterminisme, le réalisateur s’en défend. Si le cadre parental et familial est bien sûr extrêmement important pour l’évolution des jeunes gens, les mauvaises influences et décisions peuvent selon lui toujours être évitées.

Les effets de style que se veulent être les scènes de fête n’apportent à mon sens pas grand chose et sont trop répétitives; elles auraient pu être raccourcies pour éviter des longueurs.

Ce drame est porteur de beaux messages de pardon et d’espoir.et les acteurs principaux rendent brillamment toutes les subtilités des sentiments qui les traversent.

“Le Secret des Kennedy” (Chappaquiddick) de John Curran était projeté vendredi 31 août 2018, en ouverture du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

Le 18 juillet 1969, le sénateur Ted Kennedy et la jeune Mary Jo Kopechne, directrice de campagne du sénateur Robert Kennedy, ont un accident de voiture sur l’île de Chappaquiddick, accident qui coûtera la vie à la jeune femme. Cet événement a changé la scène politique de l’époque, mettant au grand chose l’influence du camp Kennedy.

Un sujet passionnant puisqu’il s’agit certainement de l’une des histoires les moins connues du clan Kennedy. Cette histoire a également séduite Jason Clarke car elle montre selon lui “un personnage fascinant au moment le plus difficile de sa carrière”.  Lui-même originaire du Massachusetts et partisan du clan Kennedy, cette histoire aurait pu s’avérer difficile à interpréter. Et pourtant quand il a découvert ce scénario qui existait depuis longtemps à Hollywood, il a souhaité s’investir dans le projet. Et une fois n’est pas coutume, c’est l’acteur qui a engagé le réalisateur John Curran avec lequel il avait déjà travaillé vingt ans plus tôt. Ce dernier avait été récompensé à Deauville en 2004 pour “We Don’t Live Here Anymore”. 

Malheureusement la réalisation est quelque peu décevante pour le sujet qui aurait mérité de pousser davantage l’aspect psychologique. Le début du film est poussif, et la second partie reste trop en surface du sujet.

Néanmoins ce thriller mérité d’être vu, ne serait-ce que pour découvrir cette partie de l’Histoire.

Jason Clarke, interprète principal, était présent à cette avant-première et recevait de Sandrine Kiberlain, Présidente du Jury, un Deauville Talent Award.

Synopsis :

L’histoire de Mary Mapes, journaliste primée de CBS et productrice de Dan Rather, l’un des plus célèbres journalistes et présentateurs de l’histoire de la télévision américaine, qui a dévoilé -entre autres scoops- le scandale de la prison d’Abou Ghraib.

Elle monte en 2004 une équipe pour réaliser un reportage compromettant pour le Président George W. Bush, alors en campagne électorale pour sa réélection. Celui-ci aurait bénéficié d’un traitement de faveur afin d’échapper à la guerre au Vietnam.

James Vanderbilt réalise ici son premier long métrage, connu avant pour ses qualités de scénariste notamment pour le film “Zodiac”. Ce thriller politique doublé d’un biopic est de grande qualité. Aucune longueur, une réalisation rythmée et habilement tissée. Ces qualités sont servies par les excellentes interprétations d’un casting cinq étoiles : Robert Redford qui interprète encore ici un journaliste, comme en 1976 dans “les Hommes du Président”, Cate Blanchett, Elisabeth Moss, Deniis Quaid, Stacey Keach, Dermot Mulroney…

 

 

Attention SPOILER

Des bloggeurs ont tenter de prouver que les documents sur lesquels étaient basés les allégations étaient des faux. Mary Mapes sera licenciée, Dan Rather et les membres de l’équipe seront priés de démissionner.

Mary Mapes n’a plus travaillée pour la télévision après cela, mais a écrit un livre Truth and Duty dont le réalisateur James Vanderbilt s’est inspiré pour sa réalisation.

“Collatéral” est mini série anglaise de quatre épisodes qui suit pendant 4 jours l’enquêtrice Kip Glaspie (Carey Milligan) sur le meurtre d’un jeune livreur de pizzas à Londres. Les pistes se brouillent entre drogue, terrorisme, trafic d’êtres humains, et mène le spectateur par le bout du nez.

Pas de longueurs et un bon casting au service d’une réalisation efficace.

Une bonne série comme les Anglais savent le faire