Le nouveau long-métrage du Louis Garrel réalisateur est une comédie tragi-comique. Si la forme est légère, le fond l’est un peu moins. Basé sur son histoire familiale personnelle, il incarne dans son film le rôle d’Abel, un fils inquiet pour sa mère, Sylvie (incarnée par Anouk Grinberg), qui désire épouser un homme alors en prison : Michel (Roschdy Zem). Aidé de sa meilleure amie Clémence (Noémie Merlant), il va tout tenter pour l’en dissuader et tâcher de la protéger. Mais la rencontre avec cet homme va l’entraîner dans une direction inattendue.

Dans la réalité, la mère de Louis Garrel, l’actrice et réalisatrice Brigitte Sy, animait des ateliers de théâtre dans des prisons et épousat un détenu. Attention cependant, Louis Garrel le précise : “ce film n’est pas autobiographique, mais il est très personnel.” Son enfance entourée d’hommes qui sortaient du milieu carcéral lui a permis d’appréhender d’avoir un certain recul et un regard amusé sur certaines situations, qu’il retranscrit dans ses scènes avec beaucoup d’humour. Le film est dopé par des gags qui rappellent les comédies italiennes. L’intrigue évoque les films français de la belle époque, où des gangsters se courraient après sans effets spéciaux, avec pour seule arme des dialogues affûtés.

Le film était présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2022 puis au Festival du Film de Cabourg, en présence de l’actrice Noémie Merlant, qu’on aime découvrir dans ce rôle qui nous l’a fait découvrir sous un jour nouveau qui lui va à merveille.

Louis Garrel a attendu plusieurs années avant de réaliser ce film. Grand bien lui en a pris car c’est une réussite en tous points !

12 octobre 2022 – 1H40 – Ad Vitam

Ce vendredi lors de la projection de La rançon de la gloire, Xavier Beauvois, son réalisateur, était présent, ainsi que Michel Legrand qui a composé la musique de ce film. Cette séance avait lieu dans le cadre des “Coups de coeur à Michel Legrand” du Festival.

L’histoire se déroule en 1977 à Vevey en Suisse où Osman -qui vit avec sa fille tandis que sa femme est hospitalisée- accepte d’héberger son ami Eddy (Benoit Poelvoorde), qui sort de prison. Peu avant Noël, ce dernier va avoir l’idée de voler le cercueil de Chaplin afin de demander une rançon à sa famille. Tout ne se déroulera évidemment pas comme prévu…

Le film est en effet porté par la musique, enregistrée dans une église à Budapest par un orchestre symphonique. Xavier Beauvois a demandé à Michel Legrand pour le plan séquence du vol de composer non pas un morceau classique comme il l’avait initialement fait, mais plutôt un jazz classique, lui qui sait selon le réalisateur abolir les frontières entre les genres musicaux mieux que quiconque.

Ce film, très mal distribué, a très peu fait parler de lui. Et pourtant c’est un film très poétique, drôle et touchant à la fois.

 © Anne-Sophie Rivereau

Michel Legrand et Xavier Beauvois © Anne-Sophie Rivereau