Quatrième de couverture :

– Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J’y retourne cet hiver, je t’emmène.

– Qui est-ce ? – La panthère des neiges. Une ombre magique !

– Je pensais qu’elle avait disparu, dis-je.

– C’est ce qu’elle fait croire.

L’écrivain Sylvain Tesson est reparti à l’aventure aux côtés du photographe Vincent Munier, ainsi que de sa compagne réalisatrice de documentaire et d’un philosophe. La majorité de leur temps sera consacrée à l’affût, “position antimoderne par excellence“, par opposition à la frénésie actuelle qui nous agite en tous sens, sans plus jamais prendre le temps d’observer, d’admirer, de s’étonner.

L’auteur décrit ainsi leurs pérégrinations tout en philosophant comme à son habitude, jusqu’à la description de l’Apparition tant espérée.

Cette quête est finalement l’occasion d’une autre révélation : la fin n’est pas nécessairement le plus important : “Cette acceptation de l’incertain me paraissait très noble – par là même anti-moderne”. Le chemin, l’attente, l’espoir, l’anticipation sont souvent bien plus riches de découvertes. “L’essentiel n’est-il finalement pas la patience, l’acceptation aussi que le résultat ne sera pas forcément celui attendu.”

En cette période particulière que nous traversons, les pensées de Tesson sonnent plus justes que jamais. Notre civilisation réalisera-t-elle enfin les merveilles que nous négligeons ou détruisons ?

“Il est plus difficile de vénérer ce dont on jouit déjà que de rêvasser à décrocher les lunes”.

La panthère des neiges est terriblement d’actualité, ce nouvel ouvrage de l’auteur mène conduit à une reflexion qui va bien au-delà du “voyage”. Il a été récompensé du Prix Renaudot 2019.

Je vous recommande aussi Dans les forêts de Sibérie, Prix Médicis essai 2011 et adapté au cinéma par Safy Nebbou (adaptation par ailleurs très décevante comparée à la richesse du livre) et interprété par Raphaël Personaz.

167 pages – Gallimard – 18€