“Le Secret des Kennedy” (Chappaquiddick) de John Curran était projeté vendredi 31 août 2018, en ouverture du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

Le 18 juillet 1969, le sénateur Ted Kennedy et la jeune Mary Jo Kopechne, directrice de campagne du sénateur Robert Kennedy, ont un accident de voiture sur l’île de Chappaquiddick, accident qui coûtera la vie à la jeune femme. Cet événement a changé la scène politique de l’époque, mettant au grand chose l’influence du camp Kennedy.

Un sujet passionnant puisqu’il s’agit certainement de l’une des histoires les moins connues du clan Kennedy. Cette histoire a également séduite Jason Clarke car elle montre selon lui “un personnage fascinant au moment le plus difficile de sa carrière”.  Lui-même originaire du Massachusetts et partisan du clan Kennedy, cette histoire aurait pu s’avérer difficile à interpréter. Et pourtant quand il a découvert ce scénario qui existait depuis longtemps à Hollywood, il a souhaité s’investir dans le projet. Et une fois n’est pas coutume, c’est l’acteur qui a engagé le réalisateur John Curran avec lequel il avait déjà travaillé vingt ans plus tôt. Ce dernier avait été récompensé à Deauville en 2004 pour “We Don’t Live Here Anymore”. 

Malheureusement la réalisation est quelque peu décevante pour le sujet qui aurait mérité de pousser davantage l’aspect psychologique. Le début du film est poussif, et la second partie reste trop en surface du sujet.

Néanmoins ce thriller mérité d’être vu, ne serait-ce que pour découvrir cette partie de l’Histoire.

Jason Clarke, interprète principal, était présent à cette avant-première et recevait de Sandrine Kiberlain, Présidente du Jury, un Deauville Talent Award.

“Everest”, c’est l’histoire vraie de deux expéditions qui tentent simultanément de gravir la plus haute montagne du monde. L’une est menée par Rob Hall (interprété par Jason Clarke) et l’autre par Scott Fisher (Jake Gyllenhall). Chaque décision, chaque pas de chaque participant, peut en situation extrême avoir des conséquences irréversibles. La difficulté est alors de ne pas laisser le rêve l’emporter sur la rationnalité et la prudence.

 

Très bien réalisé, servi par l’interprétation sans faille de Jason Clarke, “Everest” est terriblement efficace. Le réalisme des situations et des réactions des proches s’expliquent aussi par le travail qui a été fait avant le tournage: l’équipe s’est en effet rendue en Nouvelle Zélande, où elle a pu rencontrer les familles. Ensemble, ils ont écouté, et ce pour la première fois, des enregistrements de cette journée. Certaines des familles ont fait le voyage jusqu’à Venise en septembre 2015 afin d’assister à la projection à la Mostra, mais sans en avertir le réalisateur au préalable.

Lors de la conférence de presse, le réalisateur Baltasar Kormakur a précisé qu’il avait certes voulu rendre un hommage, mais sans pour autant passer sous silence les erreurs qui ont été commises à l’époque, et en partie à l’origine de ce drame.

Baltasar Kormakur © Anne-Sophie Rivereau

 

Jason Clarke © Anne-Sophie Rivereau

En salles le 23 septembre 2015

Le film projeté ce matin en compétition est le deuxième de la sélection à être empreint du style de Terrence Malick. A la différence qu’il a produit celui-ci.

The Better Angels, qui raconte l’enfance d’Abraham Lincoln, est le premier film de A.J. Edwards, monteur de Le Nouveau Monde, et réalisateur et monteur sur The Tree of Life. Tourné en noir et blanc, seule la deuxième moitié du film relate réellement l’enfance qui a façonné Lincoln. On découvre notamment son père, Jason Clarke, qui semble parfaitement incarné les hommes de cette époque, tout à la fois durs, bourrus mais aimants; mais également sa belle-mère, son “ange” comme il l’appelait lui-même, interprétée ici par Diane Kruger.

On retrouve ici le style contemplatif de Terrence Malick, et une photographie qui vous rappellera tour à tour Le Nouveau Monde et A la merveille.

Egalement dans le film, Wes Bentley (acteur principal de Things people do, l’autre film réalisé par un collaborateur de Terrence Malick et présenté en compétition cette année), et Brit Marling, découverte à Deauville dans Another Earth.

On regrette aujourd’hui qu’aucun membre de l’équipe du film n’ait été présent .

Jason Clarke présent en 2011 au Festival pour "Trust"

Jason Clarke présent en 2011 au Festival pour “Trust” © Anne-Sophie Rivereau