Hier dans le cadre de l’hommage à Darren Aronofsky était projeté en avant-première MOTHER ! son dernier film avec Javier Bardem, Jennifer Lawrence et Ed Harris
Une jeune femme et son mari plus âgé vivent dans son ancienne maison à lui, qu’elle retape entièrement. L’endroit est totalement isolé. Va un soir frapper à leur porte un homme égaré qu’ils vont accueillir pour la nuit. Il sera vite suivi de plusieurs autres personnes.
L’avis qui suit n’engage que moi : le film commence comme de l’horreur, on sursaute, l’angoisse monte, bien conscients que quelque chose va se produire dans cette maison étrange. Quelques images qui corroborent cette crainte : du sang, des choses anormales sur les murs de la demeure… Et puis commence un déchaînement d’hystérie collective qui dure au moins 30 minutes; à l’instar du personnage féminin principal l’on a envie de hurler pour que ça s’arrête. Pour finir, la réalisation bascule dans le gore absurde.
Le réalisateur a expliqué en conférence de presse qu’il s’ agissait d’une allégorie sur la Mère nature que nous pillons jusqu’à ses dernières limites.
Si le message est compréhensible, la forme l’est moins. Il semble avoir hésité entre plusieurs genres, le début angoissant pouvait laisser présager de bonnes choses, le fil se rompt dans la seconde moitié violente et gore. Au final il semble nous envoyer au visage des images pour une prise de conscience qui n’arrivera probablement pas, la forme étant beaucoup trop éloignée du véritable sujet.
Des spectateurs qui auraient été sensible au message d’alerte en faveur de la planète, fuient devant ces images. Son discours va presque assurément se perdre, pour ne laisser qu’un long métrage fatiguant.
L’accueil dans la salle hier soir : quelques mous applaudissements, et des sifflets, très rares ici.
Déçue

Il a débuté sa carrière à ce même Festival du Cinéma Américain de Deauville avec Pi et il en conserve de très bons souvenirs.
Le film porte notamment sur la différence d’âge entre les deux protagonistes incarnés dans ce film par Jennifer Lawrence et Javier Bardem.
Il a écrit l’histoire très rapidement, il avait la structure et la symbolique mais pas les personnages. Il s’est donc appuyé sur les acteurs, ils se sont découverts et entraînés pendant plusieurs mois dans un entrepôt et celui lui a permis d’avoir plus de temps avec les acteurs.
Sa formule magique pour que l’on se souvienne toujours de ses films : il raconte des histoires qui le passionnent.
Il a travaillé longtemps avec un compositeur pour créer des musiques pour le film, et finalement comme les personnages se guident dans le film, mettre de la musique aurait donner trop d’indications. Il ajoute que “Jennifer Lawrence est la musique du film”
Il a réalisé le film comme une allégorie à la façon dont nous traitons mère nature, et une réflexion sur la situation actuelle.
S’il devait recommander un film, ce serait The Tribe, réalisation ukrainienne sortie il y a quelques années.
La question bonus : Êtes-vous sadique Darren Aronofsky ? Il essaye “simplement d’être sincère, sur le fait que l’on ne nettoie pas derrière nous, on ne respecte la planète que l’on viole. On est aujourd’hui aux limites de ses ressources et cela suscite en moi une grande colère. ”