Emily Walters (Diane Keaton), veuve américaine, vit dans une résidence cossue de Hampstead, quartier huppé au nord de Londres. Elle peine à s’occuper de ses papiers et à joindre les deux bouts depuis que son mari décédé semble lui avoir laissé plus de dettes que d’économies. Perchée dans son grenier, elle aperçoit un jour un homme, (interprété par Brendan Gleeson) qui semble vivre dans le parc. La cabane dans laquelle il vit depuis des années est menacée par des promoteurs immobiliers. Emily, jusque là désoeuvrée et menée par ses voisines et “amies”, aurait-elle trouvé sa nouvelle cause ?

Le réalisateur Joel Hopkins avait gagné en 2001 au Festival du Cinéma Américain de Deauville le prix du Public de la Ville de Deauville pour “Mariage et conséquences” premier succès suivi ensuite par “Duo d’escrocs” et “Last chance for love”.

Il signe une jolie et bucolique carte postale de Hampstead, à l’instar de ce que “Coup de foudre à Notting Hill” de Richard Curtis avait fait pour ce quartier coloré. L’histoire en elle-même est digne d’une comédie romantique dans tout ce que cela comporte de douceur et d’invraisemblance.

L’histoire de Donald est elle en revanche basée sur des faits réels : Harry Hallowes, né en Irlande, vivait effectivement dans le parc, sans eau ni électricité. Si cette histoire dans l’histoire vous intéresse, je vous recommande la lecture de cet article. Car la réalité dépasse souvent la fiction.

https://www.theguardian.com/uk-news/2017/jun/10/hampstead-hermit-harry-hallowes-mystery-diane-keaton-brendan-gleeson

Sidney en 1959 : la jeune lycéenne Lisa (Angourie Rice) trouve un travail étudiant comme employée du célèbre grand magasin F.G. Goode’s. Elle y rencontre la belle trentenaire célibataire Fay (Rachael Taylor), Patty une épouse délaissée par son mari, et Magda (Julia Ormond), émigrée d’Europe de l’Est venue s’installer avec son mari (Vincent Perez) en Australie. Personnage haut en couleur, elle chapeaute l’étage haute couture du magasin. Cette dernière, brillante élève, ne rêve que d’une chose : partir à l’université puis devenir poète. Mais à une époque où les femmes sont encore principalement cantonnées aux tâches ménagères, son père ne l’entend pas vraiment de cette oreille.

Magda va avoir un rôle clef dans leurs vies, en prenant la jeune Lisa encore gauche sous son aile, et présentant à certaines de ces jeunes femmes de beaux hongrois…

Cette comédie dramatique réalisée par Bruce Beresford est sortie en 2018. Le réalisateur australien est notamment connu pour son long métrage “Miss Daisy et son chauffeur”. “Les Petites Robes noires” est une adaptation pétillante du roman éponyme de Madeleine St John.

Les costumes, le casting cinq étoiles et la réalisation classique nous permettent de profiter d’une vraie comédie romantique “à l’ancienne”.

“Les Plus Belles Années d’une Vie” de Claude Lelouch, épilogue du célèbre “Un Homme et Une Femme”.

Le réalisateur est parvenu à rassembler de nouveau Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant en Normandie pour la suite et fin du célèbre “Un Homme et Une Femme” tournée en partie à Deauville et qui contribue encore aujourd’hui au mythe de la cité balnéaire.

Ils se sont connus il y a des dizaines d’année, lui était pilote de course et jeune papa, elle était veuve. Ils se sont aimés mais n’ont pas vécu ensemble. Aujourd’hui Jean-Louis a été placé en maison de retraite par son fils. Ce dernier, inquiet pour l’état de son père atteint de la maladie d’Alzheimer, décide de rechercher l’amour passé de son père, Anne, pour qu’elle aille lui rendre visite.

Leurs retrouvailles sont douces et mélancoliques, empreintes de souvenirs – le réalisateur a inséré des extraits de “Un Homme et Une Femme”- et de nouveaux rêves.

Les moments d’échanges entre les deux personnages principaux sont d’une infinie beauté, toute notion de jeu d’acteur semble oubliée au profit de moments qui paraissent réels.

Seule ombre dans ce tableau, la fin du film, longue avec la reprise dans son intégralité de la scène de course dans Paris tirée du premier film, et un peu décevante après un si beau film.

Agnès est une mère de famille dévouée, chrétienne catholique pratiquante, qui vit dans la banlieue de New York. Pour son anniversaire, sa famille se cotise pour lui offrir un iPhone dernier cri dont elle n’a aucune utilité, tandis que sa tante lui offre un puzzle de mille pièces.  Puzzle qu’elle réalisera en un après-midi, et refera encore et encore, se découvrant une véritable passion pour cette activité, et qui l’a mènera hors de son quotidien.

“Puzzle”, première réalisation de Marc Turtletaub connu pour ses talents de producteurs (“Little Miss Sunshine”), était la belle comédie dramatique de ce 44e Festival du Cinéma Américain de Deauville, une très belle surprise masquée sous un résumé faisant craindre le pire. Le réalisateur explore le ressenti de cette femme qui semble totalement enfermée dans son monde, dédiant tout son temps à sa famille et aux bonnes oeuvres, mais s’oubliant totalement. Elle garde cette nouvelle activité, cette petite part d’aventure, secrète, pour que rien ne vienne la gâcher et que personne ne vienne l’en empêcher. L’actrice Kelly Macdonald incarne parfaitement cette femme réservée qui s’épanouit et se transforme aux côtés de son partenaire Irrfan Khan (vu notamment dans la série “In Treatment”).

Un joli film plein de bonne énergie, de ceux qui vous font réfléchir après les avoir vus.

Marc Turtletaub a reçu le Prix du Public de la Ville de Deauville lors du 44e Festival du Cinéma Américain où il était présenté en compétition. La projection a été suivie d’une standing ovation d’une dizaine de minutes.

Simon est un adolescent normal qui vit dans une famille unie et heureuse (les parents sont interprétés par Jennifer Garner et Josh Duhamel). Il a trois amis très proches. Mais il garde un secret : il est gay, et n’en a jamais parlé à personne. Quand apparaît sur internet un message d’un jeune homme inconnu évoquant le même secret, il débute avec lui un échange d’emails. Simon va s’éprendre de son correspondant. Jusqu’au jour où son secret risque d’être révélé au grand jour.

Ce long métrage a été réalisé par Greg Berlanti, à qui l’on devait déjà “Bébé mode d’emploi” , et qui a également écrit les séries “Dawson” et”Dirty Sexy Money”. Il a été l’un des premiers à intégrer des personnages homosexuels dans des séries grand public. “Love, Simon” est la première production d’un grand studio américain à destination des adolescents et traitant sur un ton léger de l’homosexualité.

Il parvient ici à aborder tout aussi finement que dans la série “Dawson” la question de l’homosexualité à l’adolescence. Sa réalisation est tout à la fois drôle et touchante, pleine d’une finesse et d’une sensibilité qui font de “Love, Simon” un très joli film probablement inspirant pour de nombreux jeunes pris dans ces mêmes luttes intérieures. Sa réussite tient aussi à l’excellente interprétation du héros Nick Robinson.

En salles le 27 juin 2018

A voir

Milly (Toni Collette) et Jess (Drew Barrymore)  ont tout vécu ensemble. Meilleures amies depuis l’enfance, elles ont partagé leurs secrets, leurs soirées, leurs petits amis. Devenues adultes, Milly travaille comme chargée de relations publiques, maman de deux beaux enfants et mariée à un ancien rockeur assagi, tandis que Jess vit sur une péniche avec Jago et peine à tomber enceinte. Tout bascule le jour où Milly apprend qu’elle est atteinte d’un cancer.

Ce thème dramatique est régulièrement adapté au cinéma. Le film “Ma Meilleure Ennemie” reste l’un des principaux. Sorti en 1998 et réalisé par Chris Columbus (“Maman, j’ai raté l’avion”, “Mrs Doubtfire”), il mettait essentiellement en scène le rôle d’une jeune belle-mère incarnée par Julia Roberts, dans la vie de deux enfants dont la maman est atteinte d’un cancer (Susan Sarandon).

Si cette réalisation était principalement axée sur la transmission, “Ma Meilleure Amie” met en scène la lutte d’une jeune femme pour la vie, aidée dans cette épreuve par son amie de toujours.

La réalisation est dynamique, les actrices parfaites dans leur rôle notamment Toni Collette qui joue avec finesse les différents registres. Des scènes très touchantes, drôles et dramatiques.

Une belle réalisation sur ce thème difficile, dans un style totalement différent mais tout aussi juste que “Ma Meilleure Ennemie”.

 

Projection en compétition de THE BACHELORS de Kurt Voelker en sa présence
Une très belle comédie dramatique sur le deuil, et aussi la dépression, réapprendre à vivre après la perte d’un être cher.
Après le décès de sa femme, un homme déménage avec son fils afin de commencer une nouvelle vie. Lui (JK Simmons) est professeur de mathématiques et va faire la connaissance d’une professeur de français (Julie Delpy), tandis que son fils s’attachera a l’une de ses camarades.
A voir

Section Panorama des Journées Romantiques de Cabourg, projection en avant-première de “Their Finest”, une jolie comédie dramatique
Nouvelle réalisation de Lone Sherfig à laquelle on devait “Une Éducation” et “Un Jour”
L’histoire : seconde guerre mondiale à Londres : Catrin Cole (Gemma Arterton) est embauchée comme script pour des films de propagande, et repérée pr Tom Buckley (Sam Caflin) producteur de films. Ensemble ils vont devoir réaliser un long métrage permettant de remonter le moral des citoyens. L’un de leurs principaux acteurs est incarne par Bill Nighy

Grand prix de ce 42ème Festival du Cinéma Américain, Captain Fantastic est le deuxième long métrage du réalisateur Matt Ross, que vous connaissez peut-être comme acteur dans Good Night, and Good Luck, Volte / Face.

Cette comédie dramatique est l’histoire d’une famille qui a décidé de vivre en pleine forêt. Les enfants ont reçu une excellente éducation par leurs parents et notamment leur père (Viggo Mortensen) qui les entraîne physiquement et mentalement et leur fait lire quantité de livres. Quand la mère décède, leur mode de vie va se trouver mis en cause.

Un beau film, profond et servi par l’excellente interprétation de Viggo Mortensen certes, mais aussi des enfants.

En salles le 12 octobre

Adaptation d’un livre de Nicole Klauss, ce nouveau film de Radu Mihaileanu était présenté en avant-première au Festival. Si le réalisateur est français, la présence de son film dans cette sélection américaine s’explique par le fait qu’il ait été tourné à New York et en anglais.

Difficile à résumer sans trop en dévoiler, on peut cependant dire ceci: Léo aimait Alma. Séparés par la guerre, il lui écrira un livre dont il lui enverra un chapitre avec chacune de ses lettres. De nos jours, à New-York, une jeune Alma, fille d’une traductrice qui était appelée “la femme la plus aimée au monde” par son mari, découvrira un manuscrit inédit encore jamais traduit en anglais.

Une magnifique comédie dramatique, fine, sensible, intelligente, habillement structurée et parfaitement interprétée par Derek Jacobi. Très abouti.

A voir !