“Les Plus Belles Années d’une Vie” de Claude Lelouch, épilogue du célèbre “Un Homme et Une Femme”.

Le réalisateur est parvenu à rassembler de nouveau Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant en Normandie pour la suite et fin du célèbre “Un Homme et Une Femme” tournée en partie à Deauville et qui contribue encore aujourd’hui au mythe de la cité balnéaire.

Ils se sont connus il y a des dizaines d’année, lui était pilote de course et jeune papa, elle était veuve. Ils se sont aimés mais n’ont pas vécu ensemble. Aujourd’hui Jean-Louis a été placé en maison de retraite par son fils. Ce dernier, inquiet pour l’état de son père atteint de la maladie d’Alzheimer, décide de rechercher l’amour passé de son père, Anne, pour qu’elle aille lui rendre visite.

Leurs retrouvailles sont douces et mélancoliques, empreintes de souvenirs – le réalisateur a inséré des extraits de “Un Homme et Une Femme”- et de nouveaux rêves.

Les moments d’échanges entre les deux personnages principaux sont d’une infinie beauté, toute notion de jeu d’acteur semble oubliée au profit de moments qui paraissent réels.

Seule ombre dans ce tableau, la fin du film, longue avec la reprise dans son intégralité de la scène de course dans Paris tirée du premier film, et un peu décevante après un si beau film.

Le Festival a retrouvé de nombreux habitués: les réalisateurs Mike Cahill (Another Earth en 2011, I Origins), Abel Ferrara (4:44 – Last day on earth en 2011, Pasolini), Ira Sachs (Forty shades of blue en 2005, Love is strange), Tate Taylon (La Couleur des Sentiments en 2011, Get on up!).

Le festival a également assisté au grand retour de Don Johnson au cinéma, présent ici dans deux films : Cold in July -film en compétition- et Alex of Venice présenté en avant-première.

Nous avons retrouvé avec un immense plaisir l’acteur Wes Bentley (American Beauty) dans le rôle principal de Things people do, Prix du 40ème Festival du Cinéma Américain, ainsi que dans un rôle secondaire dans un autre film en compétition: The better angels.

La jeune Noah Silver (interprète de la fille de Brody dans Homeland) poursuit ici sa carrière cinématographique en interprétant le rôle féminin principal dans le film en compétition Jamie Marks is dead.

Côte réalisateurs, on a découvert avec un immense bonheur le premier film de deux collaborateurs de Terrence Malick: Saar Klein et A.J. Edawards. Saar Klein, réalisateur du primé Things people do, a réussi le tour de force de réaliser un premier film magnifique, révélant certes une influence de Terrence Malick, mais doté aussi d’une richesse esthétique propre à cet ancien monteur, plus fois nommés aux Oscars.

Le festival est en effet souvent le révélateur de jeunes réalisateurs talentueux, qui étaient parfois connus jusque là pour leurs talents… d’acteurs. On avait ainsi pu rencontrer Famke Janssen (Nip Tuck, X-Men…) venue présenter en compétition Yelling to the sky en 2011, ou encore David Schwimmer (Ross dans Friends) pour Secret la même année.

Cette année, c’était au tour de Chris Messina (Damages, The Newsroom, Vicky Christina Barcelona) dont le premier long métrage Alex of Venice était présenté en avant-première. Ce film drôle et sensible marque des débuts extrêmement prometteurs.

Jessica Chastain, à laquelle un Prix du Nouveau Hollywood était remis en 2011, avait cette année là préféré limiter sa visite européenne à la Mostra de Venise; Ryan Gosling, qui devait se voir décerner le même prix avait quant à lui choisi préféré Disneyland en compagnie de sa nouvelle compagne depuis un mois, Eva Mendes, plutôt que de venir à Deauville.

Cette année, Jessica Chastain est bien venue. Elle a reçu un hommage et une cabine à son nom a été inaugurée. Lumineuse et accessible, elle n’a pas hésité à signer des centaines d’autographes, répondant en même temps aux gens qui la félicitaient pour son film.

 

On peut prendre conscience également de l’importance que revêt un tel festival pour des réalisateurs Américains hors de leur pays d’origine: une tribune où ils peuvent s’exprimer librement. Ainsi, le soir de son hommage John McTiernan s’est livré à une critique froide et implacable du système judiciaire et électoral américain. Suivi (hasard ou coïncidence) par le réalisateur de Camp X-Ray, Peter Sattler, qui a définit son film comme “apolitique“. Son film relate néanmoins relate la relation qui se noue entre une militaire américaine et un prisonnier au sein de Guantanamo.

 

Lors de la cérémonie de clôture, Vincent Lindon a évoqué, ému aux larmes, la performance d’actrice de Sandrine Kiberlain dans le film Elle l’adore, Prix Michel d’Ornano projeté le matin même et accueilli par une standing ovation avant même le générique de fin: “Il paraît même qu’elle a une petite fille [la fille qu’ils ont eue ensemble, ndlr], et elle doit être très fière de sa maman“.

Claude Lelouch a quant à lui déclaré que “les plus belles années étant celles qui étaient à venir, il espérait être là pour le 50ème anniversaire du Festival“.

C’est tout le bien qu’on lui souhaite.

 

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Le Festival rendait aujourd’hui hommage à la star de la comédie américaine Will Ferrell.

C’est sur scène qu’il a commencé, avec une troupe d’improvisation. Sa rencontre avec Adam McKay sur Saturday Night Live a changé le cours de sa vie et donné naissance à un grand nombre de films aux scènes désormais cultes.

Concernant des opportunités de collaboration à des séries en vogue (Girls), il déclare préférer le format de la BBC.

Enfin, interrogé sur le projet avec Michel Hazanavicius, Will Ferrell a choisi de botter en touche et déclaré qu’il “ne savait pas grand chose parce qu’il ne fait pas attention”.

Ce soir, c’est Claude Lelouch qui lui a rendu hommage. Will Ferrell a rejoint la scène après avoir traversé plusieurs rangées de la salle du CID. Après avoir annoncé fièrement qu’il parlerait en français, il s’est livré à une énumération de phrases touristiques typiques -où est la gare, j’aime beaucoup votre fromage l’addition svp- puis entonné Sur le pont d’Avignon.

Il a fait le show, et c’est bien là ce qu’on espérait.

Will Ferrel

Will Ferrel © Anne-Sophie Rivereau

Hommage de Claude Lelouch à Will Ferrel

Hommage de Claude Lelouch à Will Ferrel                                 © Anne-Sophie Rivereau

 

Chabadabada

Dix-huit heures dans le centre ville ; soudain, les clochent carillonnent cette musique demeurée indissociable de Deauville depuis 1966 et composée par Francis Lai pour le film de Claude Lelouch, Un homme et une femme. Les passants s’arrêtent. Un petit vent de magie souffle sur les villas normandes.

Cette année 2014 a été celle du nouveau succès du réalisateur, Salaud, on t’aime ! dont l’esthétisme vous saisit dès la première minute pour ne plus vous quitter.

Là où certains usent et abusent de musique pour masquer des longueurs, jouent avec la photographie afin de dissimuler un vide parfois abyssal dans le scénario, Lelouch, à l’instar de Stanley Kubrick, les utilisent pour parfaire son message et sublimer son film.

“Salaud, on t’aime!” fait partie de ces quelques films qui auront agi comme un déclencheur.

Et quelle plus belle occasion, pour lancer un site dédié à Deauville, que le 40ème Festival du Cinéma Américain, qui comptera parmi ses jurés -tous d’anciens présidents du jury de ce festival- Claude Lelouch…

Chabadabada