Ne vous arrêtez surtout pas au titre étrange : “le faucon au beurre de cacahuètes”!

Cette comédie dramatique est un road movie drôle et touchant, superbement interprété par Zack Gottsagen et Shia LaBeouf.

C’est l’histoire d’une épopée sauvage de deux hommes en fuite : Zak, un jeune garçon trisomique qui a quitté le centre dans lequel il vit pour partir à la rencontre de son héros, Salt Water Redneck, catcheur professionnel, et Tyler, en fuite pour échapper à des voyoux qu’il a volés.

Au fur et à mesure du chemin, les deux hommes vont se lier d’amitié, et Zak se verra pousser des ailes au contact de cet ami qui ne le traite pas comme une personne différente et ne l’infantilise pas.

Car tel est le message dans cette comédie dramatique : si faute de moyen et d’endroits suffisant adaptés même dans nos pays dits developpes, les personnes souffrant de certaines maladies ou handicaps se retrouvent placés dans des établissements spécialisés pour y recevoir les soins et la surveillance estimés nécessaire, bien souvent malheureusement ces traitement ne correspondent pas à ce qu’il faudrait réellement. Ainsi faute d’autre endroit Zak a-t-il été placé dans une maison de retraite alors qu’il n’a que 22 ans. Eleanor (Dakota Johnson) le maintient sans même le réaliser dans un lien de dépendance physique en l’infantilisant. Alors qu’avec quelqu’un qui croit en lui, sans le traiter différemment de n’porte qu’elle autre personne, Zak va déployer ses ailes de faucon et s’épanouir, soutenu également dans cette entreprise par deux personnes secondaires mais tout aussi important, interprétés par Bruce Dern et Thomas Aden Church.

La genèse du film est tout aussi touchante. Les réalisateurs ont expliques qu’ils ont rencontre Zak dans un centre pour jeunes personnes handicapées et se sont liés d’amitié avec lui. Zak, qui rêve d’être acteur, ne trouvait pas de rôle à la mesure de ce qu’il recherchait. Il a un jour fait remarquer très simplement à Tyler Nilson et Mike Schwartz qu’étant respectivement réalisateur et auteur, ils n’avaient qu’à écrire et réaliser un film avec Zak qui lui est acteur. Et quel acteur !

Le résultat est un pur bonheur. Le film, présenté au Festival de Sundance, a reçu le Prix du Public de la Ville de Deauville lors du 44e Festival du Cinéma Américain. Malheursemenr absent lors de la cérémonie, les deux réalisateurs ont fêté à distance cette annonce par une petite danse.

Tami Oldham (Shailene Woodley) et Richard Sharp (Sam Claflin) décident de convoyer un bateau à travers le Pacifique et se retrouvent pris au piège dans un terrible ouragan. Après le passage dévastateur de la tempête, Tami se réveille et découvre leur bateau complètement détruit et Richard gravement blessé. À la dérive, sans espoir d’être secouru, Tami ne pourra compter que sur elle-même pour survivre et sauver celui qu’elle aime.

Cette réalisation un peu niaise ne rend pas véritablement hommage à la résistance héroïque de Tami, et tranche avec l’efficacité de “Everest” que le réalisateur Baltasar Kormafur était venu présenté également à Deauville en 2015 avec Jason Clarke.

Néanmoins, les effets spéciaux sont bons, et le film mérite d’être vu jusqu’à la fin, l’intérêt majeur résidant dans le dernier quart d’heure…

En salles depuis le 4 juillet

Quatrième de couverture :

“On ne grimpe qu’une fois la montagne de la vie. Il faut vivre ses rêves.”

Mike Horn est un aventurier de l’extrême connu dans le monde entier pour repousser les limites du possibles. Il a descendu l’Amazone, suivi la ligne de l’équateur, traversé la longue nuit polaire. Il a marché sur la glace, parcouru le désert, descendu des rapides, frayé son chemin dans la jungle.

Jusqu’à ce pari fou : gravir, avec trois amis, quatre 8 000 mètres à la suite dans l’Himalaya. Sans oxygène, sans cordes, en “style alpin” le plus pur, à la seule force de la volonté…

Pour la première fois, ce conquérant de l’possible se dévoile. il  nous parle de ses motivations profondes, de ses inspirations et de Cathy, sa femme, sa croix du Sud, récemment emportée par la maladie et dont l’esprit accompagne chacun de ses pas.

Mon avis :

Mike Horn est sorti peu à peu de l’anonymat, d’bord en égérie de marques de luxe notamment de montres, puis comme présentateur d’émissions “The Island” et “A l’état sauvage”, dans laquelle il pousse des personnalités à dépasser leurs limites dans des milieux hostiles.

Dans Vouloir toucher les étoiles, l’aventurier relate ses aventures dans l’Himalaya, la préparation à ces ascensions, les tentatives, les accidents, son ressenti aussi.

Que se passe-t-il quand on apprend que des personnes avec lesquelles on prenait un thé sous une tente par -30° , viennent de périr dans l’ascension que l’on s’apprête soi-même à entamer ?

Il décrit tous les éléments de survie, de danger, de choix aussi qui s’imposent à soi lors de telles ascensions. A partir de 7 500 mètres, on entre en effet dans “la zone de mort”. Dès lors, un compte à rebours est enclenché, car le corps à cette altitude lutte pour résister, et décline petit à petit, entrainant des troubles divers pouvant également entrainer une chute fatale.

Nous ne sommes pas tous égaux dans ce type d’aventure. Si ‘entraînement et l’acclamation sont indispensables, notre ADN joue également. Tous les corps ne réagissent pas de la même façon, et si certains s’accommoderont relativement “aisément” de ces conditions extrêmes, d’autres organismes cèderont.

On ne lit pas Mike Horn pour son style d’écriture, mais pour ses leçons de vie, ses expériences, son entrain communicatif.

Un beau récit.

 

 

248 pages – Pocket – 7,40€

© Anne-Sophie Rivereau

Safy Nebbou a -très librement- adapté le livre éponyme de Sylvain Tesson.

Teddy quitte tout pour partir s’installer au bord d’un lac en Sibérie, à des kilomètres de toute présence humain. Sa seule compagnie: ses livres avec lesquels il est venu.

Si dans le livre cette activité tient une place prédominante, conduisant le personnage à l’introspection, portée notamment par les écrits de Huysmans, le film a délaissé cet aspect pour se concentrer sur la survie en milieu hostile et la naissance d’une amitié forte entre le protagoniste et un Russe en fuite qui vit dans la forêt depuis déjà de nombreuses années.

Si vous avez lu le livre je vous recommande de vous en détacher totalement afin d’appréhender le film avec un oeil dépourvu de jugement. S’il ne lui est guère fidèle, il reste néanmoins bien réalisé, avec une belle photographie et servi par l’interprétation de Raphaël Personnaz, un habitué des Journées Romantiques de Cabourg où était présenté le film en avant-première.

A voir