Barsetshire, au XIXème siècle. Mary est belle, et intelligente. Orpheline, elle vit avec son oncle le Docteur Thorne (incarné par Tom Holland vu dans “The Night Manager” et “Pirate des Caraïbes”). Elle est courtisée par Frank Gresham qui la connait et côtoie depuis de nombreuses années. Mais ils sont loin d’être de même extraction. La famille Gresham est par ailleurs très endettée, et sa mère lui cherche un parti fortuné. Mais le Docteur connaît bien des secrets…

Auteur Anglais à succès et créateur de “Downton Abbey”, Julian Fellowes adapte ici le roman d’Anthony Trollope, grand écrivain de l’époque victorienne.

Et c’est un nouveau succès du genre, une belle fresque anglais entre intrigue, étude de l’aristocratie de l’époque, petites manigances et grands secrets. L’ensemble se termine dans une valse de jupons tournoya nos et de diadèmes étincelants.

Amoureux du genre, vous allez adorer !

84, Charing Cross est un échange épistolaire qui débute dans les années 1930 entre un libraire anglais et une lectrice américaine avisée. Cette auteure américaine passionnée de beaux livres préfère écrire à son nouveau contact anglais pour les commander, au lieu de se le procurer près de chez elle à New York.

Si l’Anglais conserve toujours son flegme, l’Américaine est plus virulente, passionnée et fait preuve d’un humour saisissant. La conversation est étonnamment vivante dans ces lettres qui s’étendent sur plusieurs  décennies.

L’édition anglaise est suivie de The Duchess of Bloomsbury, suite de 84, Charing Cross Road. L’occasion d’une très belle visite de Londres.

Un vrai régal.

Je recommande chaudement aux anglophones de le lire en anglais afin de profiter pleinement du style. Il existe également une traduction française de Marie-Anne de Kisch préfacée par Danielle Pénac aux éditions Autrement. Le personnage a été incarnée par Anne Bancroft au cinéma en 1987 aux côté d’Anthony Hopkins, et au théâtre beaucoup plus récemment par Léa Drucker sous la direction de Serge Hazanavicius.

Présenté en avant-première au dernier Festival du Film de Cabourg, “Love & Friendship” est une adaptation du roman de Jane Austen intitulé “Lady Susan”. S’il n’est pas le plus connu, il est en revanche très certainement l’un des plus poussé dans sa description du comportement féminin, en bien comme en mal.

Lady Susan Vernon (Kate Beckinsale) est une jeune et belle veuve à la recherche d’un bon parti à la fois pour elle et pour sa fille. Aidée de sa fidèle amie Alicia (Chloë Savigny), Américaine en exil, elle va jouer de tous les moyens pour se préserver deux options: Reginald et Sir James Martin.

L’adaptation est extrêmement bien réalisée, Whit Stallman -le réalisateur- a accordé tout le soin requis tant aux costumes qu’à la photographie afin de nous plonger dans l’époque. Kate Beckinsale, que l’on ne connaît pas dans ce type de rôle de femme manipulatrice et finaude, excelle.

A voir !

 

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Ce récit écrit par le neveu de Jane Austen en 1869 apporte un regard tendre et aimant.

Cependant, il apporte peu de nouvelles informations sur sa vie. Influence de l’époque victorienne, de la foi de l’auteur (il est un ecclésiastique anglican), et fidélité aux valeurs et aux souhaits de sa tante, il reste très discret dans ses révélations.

Personne à l’exception de la mère et la chère sœur de Cassandra ne savaient ce que réalisait Jane Austen. Ses livres sont édités anonymement et sa sœur détruira après sa mort l’essentiel de sa correspondance, laissant pour toujours un mystère autour sa vie.

294 pages – Editions Bartillat – 20€

Alors que Londres est sous les bombes, Miss Fielding tente de préserver un calme relatif dans sa demeure familiale de l’Hertfordshire: Sunglades. Jamais mariée, elle y vit aux côtés de son frère, éternel célibataire, ainsi de sa cousine. Cette période troublée l’obligera à héberger autant de personnes que sa maison le lui permet. Un ancien amour de son frère, le fils de cette dernière, une jolie voisine, une réfugiée baïramienne… Tous vont devoir cohabiter au fil des saisons, dans un quotidien rythmé par les black out.

Si ce roman est merveilleusement écrit, rappelant le style de Jane Austen, ce qui est saisissant est d’apprendre que ce livre a été édité pour la première fois en… 1944 ! Il s’agit en effet d’une réédition. Et pourtant, quelle modernité dans le style. Rien ne peut laisser penser que ces lignes ont près d’un siècle.

A découvrir !

554 pages – Editions Héloïse d’Ormesson – 24€

Quand sa vie personnelle et professionnelle bascule, Polly quitte Plymouth et part s’installer temporairement dans un endroit que son maigre budget lui permet, une toute petite ville portuaire d’une île des Cornouailles, liée au Continent par une unique route submersible. Le décor est posé !

 
Logeant dans une maison laissée à l’abandon, au dessus d’une ancienne boulangerie, elle va devoir réapprendre à vivre par elle-même. D’étranges rencontres, un tout nouvel environnement, un autre métier… Polly va peu à peu se laisser charmer par la ville et ses occupants. Au point de s’y installer ?

Jenny Colgan signe ici un savoureux roman qui dépayse.

494 pages – Pocket – 8€

Dans l’Angleterre victorienne, une jeune fille de 19 ans, Euphémia Gray (Dakota Fanning) épouse un homme séduisant, riche et plus âgé: John Ruskin (Greg Wise).

Sa vie de jeune maîtresse de maison tournera vite au cauchemar: délaissée, maltraitée, elle s’enfoncera dans une profonde dépression. Par l’entremise de son mari critique d’art, elle fera cependant la rencontre de deux personnes qui deviendront importantes pour elle, et incarnées par Tom Sturridge et Emma Thompson.

C’est à cette dernière que l’on doit le scénario de ce très beau film. Amoureux de l’Angleterre victorienne, vous ne serez en rien déçu par cette magnifique réalisation.

Emma Thompson avait déjà adapté “Raison et Sentiments” de Jane Austen pour le film éponyme. Elle avait alors reçu l’Oscar du Meilleur Scénario Adapté. On la retrouvait alors aux côtés de Tom Sturridge, mais aussi d’Hugh Grant, Kate Winslet et du très regretté Alan Rickman.

C’est l’un des plaisirs lorsque l’on regarde les drames anglais inspirés de cette époque, retrouver cette famille d’acteurs brillants et devenus si familiers.

Boris Johnson, maire de Londres, membre du Parlement et ancien journaliste, réussi le tour de force de fournir ici une analyse intelligente et détaillée de la personnalité de Winston Churchill, son courage, sa capacité de travail, sa mémoire hors norme, son ingéniosité, sa créativité (inventeur du tank) mais surtout de son rôle immense dans le monde économique et politique tel que nous le connaissons  aujourd’hui.

A aucun moment la somme colossale d’informations ne pèse sur le récit qui reste fluide.
 
L’auteur parvient à faire preuve de recul dans son analyse.
Objectif, il présente également les défauts et erreurs qui lui sont reprochés, les étudie à la lumière des faits et nous permet de trancher en bonne intelligence.

426 pages – Stock – 22 €

Michael Owen, écrivain dépressif qui vit reclus dans son appartement est sollicité par une vieille dame enfermée dans un asile et issue d’une illustre famille, pour écrire l’histoire de cette dernière, et révéler ses plus vilains secrets, parmi lesquels des meurtres.

Le thriller sert de toile de fond à cette critique acerbe de la société anglaise de cette époque, au travers de portraits de ses membres, personnages publics, parfois politiques, de l’Angleterre des années 1980, et qui s’appuie sur des recherches poussées sur des sujets aussi divers que le régime de santé, la Guerre du Golfe… On y découvre ainsi les

Deux fils conducteurs vous accompagnent au long de ce roman/thriller: Youri Gagarine, et le vieux film What a carve up ! (A chacun son dû) de Ray Cooney et Tony Hilton.

Un riche tourbillon de pièces de puzzle qui trouveront à se mettre en place pour former un tout brillant !

677 pages (qui se dévorent) – Folio – 9,60 €

 

120: c’est le nombre d’acteurs qui ont interprété Sherlock Holmes. Mais Ian McKellen n’a regardé aucun d’entre eux pour préparer son rôle. Il explique que l’une des choses qui lui importent dans la préparation d’un personnage est la démarche; et si au théâtre -où il a interprété de grands rôles- l’on voit toujours les acteurs en pied, c’est très rarement le cas au cinéma, où le visage est la partie la plus cadrée. Il a ici vraiment souhaité apporter cette dimension au personnage.

Dans cette nouvelle version, réalisée par Bill Condon ( Sister, Sister, Ni dieux ni démons, Twilight: chapitre 4 et chapitre 5..), on suit un Sherlock Holmes âgé de 93 ans qui, à l’occasion d’une nouvelle enquête, va redécouvrir des éléments de celle qui avait été jusque là sa dernière. Il vit retiré du monde, avec pour compagnie sa gouvernante incarnée par Laura Linney (Love actually, Week end royal, Le cinquième pouvoir…), son fils et des ruches.

Bill Condon a choisi un duo d’acteurs qu’il avait déjà fait tourner dans Dr Kinsey en 2004. Et ça fonctionne très bien. Les intrigues sont bien menées, tout en abordant une facette de la psychologie du personnage de Holmes un peu novatrice. La photographie, dirigée par Thomas Schliessler, est magnifique.

A voir !