Emily Walters (Diane Keaton), veuve américaine, vit dans une résidence cossue de Hampstead, quartier huppé au nord de Londres. Elle peine à s’occuper de ses papiers et à joindre les deux bouts depuis que son mari décédé semble lui avoir laissé plus de dettes que d’économies. Perchée dans son grenier, elle aperçoit un jour un homme, (interprété par Brendan Gleeson) qui semble vivre dans le parc. La cabane dans laquelle il vit depuis des années est menacée par des promoteurs immobiliers. Emily, jusque là désoeuvrée et menée par ses voisines et “amies”, aurait-elle trouvé sa nouvelle cause ?

Le réalisateur Joel Hopkins avait gagné en 2001 au Festival du Cinéma Américain de Deauville le prix du Public de la Ville de Deauville pour “Mariage et conséquences” premier succès suivi ensuite par “Duo d’escrocs” et “Last chance for love”.

Il signe une jolie et bucolique carte postale de Hampstead, à l’instar de ce que “Coup de foudre à Notting Hill” de Richard Curtis avait fait pour ce quartier coloré. L’histoire en elle-même est digne d’une comédie romantique dans tout ce que cela comporte de douceur et d’invraisemblance.

L’histoire de Donald est elle en revanche basée sur des faits réels : Harry Hallowes, né en Irlande, vivait effectivement dans le parc, sans eau ni électricité. Si cette histoire dans l’histoire vous intéresse, je vous recommande la lecture de cet article. Car la réalité dépasse souvent la fiction.

https://www.theguardian.com/uk-news/2017/jun/10/hampstead-hermit-harry-hallowes-mystery-diane-keaton-brendan-gleeson

Eté 1995 à Bristol, quatre jeunes gens qui sont amis depuis leur première année de fac dissertent sur l’avenir dans un parc : Sylvie et Lucien, frère et soeur, mais aussi Eva et Benedict. Ils viennent d’obtenir leur diplôme et leurs routes vont commencer à s’éloigner : Benedict poursuit ses études à Bristol, Eva part travailler à Londres et Sylvie et Lucien vont poursuivre dans leur voie bohème.

Au fil des années et des aventures de la vie, leur amitié connaîtra des hauts et des bas, de longs silences, des absences et des retrouvailles, les replongeant dans l’époque de cet “été invincible”.

Alice Adams signe là son premier roman. L’auteure, à moitié australienne, a presque toujours vécu en Angleterre. Après un diplôme de philosophie, elle a également étudié à Bristol les mathématiques, la finance et l’informatique et a notamment travaillé dans des banques d’investissements. Ce parcours riche et varié explique probablement qu’en plus de l’intrigue du roman, Alice Adams évoque aussi différents thèmes avec précision, et notamment celui des traders à la City.

Le lecteur suit sur vingt ans l’évolution de l’amitié et de la vie de ces quatre jeunes gens aux âges où chaque décision peut avoir un impact déterminant sur le reste de sa vie, tant personnelle que professionnelle. Epoque aussi les liens parfois se distendent au gré des changements de vie et de personnalité. Rien n’est enjolivé dans ce roman, mais décrit avec justesse et sensibilité, lucidité aussi. Le tout se déroule dans l’Angleterre du début du XXIème siècle, ce qui ravira les amoureux du pays et notamment de Londres !

“La grande surprise du monde adulte avait été de découvrir que les gens ne comprenaient jamais véritablement ce qu’ils fabriquaient, et ceux qui respiraient la confiance en soi encore moins.”

Livre de Poche – 377 pages – 7,90€

Barsetshire, au XIXème siècle. Mary est belle, et intelligente. Orpheline, elle vit avec son oncle le Docteur Thorne (incarné par Tom Holland vu dans “The Night Manager” et “Pirate des Caraïbes”). Elle est courtisée par Frank Gresham qui la connait et côtoie depuis de nombreuses années. Mais ils sont loin d’être de même extraction. La famille Gresham est par ailleurs très endettée, et sa mère lui cherche un parti fortuné. Mais le Docteur connaît bien des secrets…

Auteur Anglais à succès et créateur de “Downton Abbey”, Julian Fellowes adapte ici le roman d’Anthony Trollope, grand écrivain de l’époque victorienne.

Et c’est un nouveau succès du genre, une belle fresque anglais entre intrigue, étude de l’aristocratie de l’époque, petites manigances et grands secrets. L’ensemble se termine dans une valse de jupons tournoya nos et de diadèmes étincelants.

Amoureux du genre, vous allez adorer !

84, Charing Cross est un échange épistolaire qui débute dans les années 1930 entre un libraire anglais et une lectrice américaine avisée. Cette auteure américaine passionnée de beaux livres préfère écrire à son nouveau contact anglais pour les commander, au lieu de se le procurer près de chez elle à New York.

Si l’Anglais conserve toujours son flegme, l’Américaine est plus virulente, passionnée et fait preuve d’un humour saisissant. La conversation est étonnamment vivante dans ces lettres qui s’étendent sur plusieurs  décennies.

L’édition anglaise est suivie de The Duchess of Bloomsbury, suite de 84, Charing Cross Road. L’occasion d’une très belle visite de Londres.

Un vrai régal.

Je recommande chaudement aux anglophones de le lire en anglais afin de profiter pleinement du style. Il existe également une traduction française de Marie-Anne de Kisch préfacée par Danielle Pénac aux éditions Autrement. Le personnage a été incarnée par Anne Bancroft au cinéma en 1987 aux côté d’Anthony Hopkins, et au théâtre beaucoup plus récemment par Léa Drucker sous la direction de Serge Hazanavicius.

Présenté en avant-première au dernier Festival du Film de Cabourg, “Love & Friendship” est une adaptation du roman de Jane Austen intitulé “Lady Susan”. S’il n’est pas le plus connu, il est en revanche très certainement l’un des plus poussé dans sa description du comportement féminin, en bien comme en mal.

Lady Susan Vernon (Kate Beckinsale) est une jeune et belle veuve à la recherche d’un bon parti à la fois pour elle et pour sa fille. Aidée de sa fidèle amie Alicia (Chloë Savigny), Américaine en exil, elle va jouer de tous les moyens pour se préserver deux options: Reginald et Sir James Martin.

L’adaptation est extrêmement bien réalisée, Whit Stallman -le réalisateur- a accordé tout le soin requis tant aux costumes qu’à la photographie afin de nous plonger dans l’époque. Kate Beckinsale, que l’on ne connaît pas dans ce type de rôle de femme manipulatrice et finaude, excelle.

A voir !

 

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Ce récit écrit par le neveu de Jane Austen en 1869 apporte un regard tendre et aimant.

Cependant, il apporte peu de nouvelles informations sur sa vie. Influence de l’époque victorienne, de la foi de l’auteur (il est un ecclésiastique anglican), et fidélité aux valeurs et aux souhaits de sa tante, il reste très discret dans ses révélations.

Personne à l’exception de la mère et la chère sœur de Cassandra ne savaient ce que réalisait Jane Austen. Ses livres sont édités anonymement et sa sœur détruira après sa mort l’essentiel de sa correspondance, laissant pour toujours un mystère autour sa vie.

294 pages – Editions Bartillat – 20€

Alors que Londres est sous les bombes, Miss Fielding tente de préserver un calme relatif dans sa demeure familiale de l’Hertfordshire: Sunglades. Jamais mariée, elle y vit aux côtés de son frère, éternel célibataire, ainsi de sa cousine. Cette période troublée l’obligera à héberger autant de personnes que sa maison le lui permet. Un ancien amour de son frère, le fils de cette dernière, une jolie voisine, une réfugiée baïramienne… Tous vont devoir cohabiter au fil des saisons, dans un quotidien rythmé par les black out.

Si ce roman est merveilleusement écrit, rappelant le style de Jane Austen, ce qui est saisissant est d’apprendre que ce livre a été édité pour la première fois en… 1944 ! Il s’agit en effet d’une réédition. Et pourtant, quelle modernité dans le style. Rien ne peut laisser penser que ces lignes ont près d’un siècle.

A découvrir !

554 pages – Editions Héloïse d’Ormesson – 24€

Quand sa vie personnelle et professionnelle bascule, Polly quitte Plymouth et part s’installer temporairement dans un endroit que son maigre budget lui permet, une toute petite ville portuaire d’une île des Cornouailles, liée au Continent par une unique route submersible. Le décor est posé !

 
Logeant dans une maison laissée à l’abandon, au dessus d’une ancienne boulangerie, elle va devoir réapprendre à vivre par elle-même. D’étranges rencontres, un tout nouvel environnement, un autre métier… Polly va peu à peu se laisser charmer par la ville et ses occupants. Au point de s’y installer ?

Jenny Colgan signe ici un savoureux roman qui dépayse.

494 pages – Pocket – 8€

Dans l’Angleterre victorienne, une jeune fille de 19 ans, Euphémia Gray (Dakota Fanning) épouse un homme séduisant, riche et plus âgé: John Ruskin (Greg Wise).

Sa vie de jeune maîtresse de maison tournera vite au cauchemar: délaissée, maltraitée, elle s’enfoncera dans une profonde dépression. Par l’entremise de son mari critique d’art, elle fera cependant la rencontre de deux personnes qui deviendront importantes pour elle, et incarnées par Tom Sturridge et Emma Thompson.

C’est à cette dernière que l’on doit le scénario de ce très beau film. Amoureux de l’Angleterre victorienne, vous ne serez en rien déçu par cette magnifique réalisation.

Emma Thompson avait déjà adapté “Raison et Sentiments” de Jane Austen pour le film éponyme. Elle avait alors reçu l’Oscar du Meilleur Scénario Adapté. On la retrouvait alors aux côtés de Tom Sturridge, mais aussi d’Hugh Grant, Kate Winslet et du très regretté Alan Rickman.

C’est l’un des plaisirs lorsque l’on regarde les drames anglais inspirés de cette époque, retrouver cette famille d’acteurs brillants et devenus si familiers.

Boris Johnson, maire de Londres, membre du Parlement et ancien journaliste, réussi le tour de force de fournir ici une analyse intelligente et détaillée de la personnalité de Winston Churchill, son courage, sa capacité de travail, sa mémoire hors norme, son ingéniosité, sa créativité (inventeur du tank) mais surtout de son rôle immense dans le monde économique et politique tel que nous le connaissons  aujourd’hui.

A aucun moment la somme colossale d’informations ne pèse sur le récit qui reste fluide.
 
L’auteur parvient à faire preuve de recul dans son analyse.
Objectif, il présente également les défauts et erreurs qui lui sont reprochés, les étudie à la lumière des faits et nous permet de trancher en bonne intelligence.

426 pages – Stock – 22 €