Ma note : 09/10

Quatrième de couverture : Dans son cottage de bord de mer, Beatrix Abberley est assassinée en pleine nuit. Étrangement, elle paraissait s’y attendre ; elle semblait même savoir qui allait la tuer. Pour Charlotte Ladram – sa nièce par alliance, qui hérite du domaine –, le choc est terrible. Très vite, un homme est accusé. Peut-être trop vite. Car un épais mystère règne autour de Tristram Abberley, le frère de la défunte, célèbre poète mort en 1938 pendant la guerre d’Espagne. Que s’est-il passé là-bas, pour que des ombres que l’on croyait enfouies ressurgissent avec une telle sauvagerie ?
Charlotte essaie de percer l’énigme. Mais le voile qu’elle va soulever est bien plus lourd qu’elle le pensait : un demi-siècle de trahisons et de mensonges soudain exhumés. Le prix de la vérité a-t-il été payé ? Bientôt, un second meurtre est commis…

Cet opus de Robert Goddard date de 1992. L’auteur a en effet été redécouvert par Sonatine Editions qui publie ses ouvrages depuis dix ans, celui-ci étant le neuvième. L’auteur qui vit dans les Cornouailles fera le bonheur des amateurs d’atmosphère anglaise : manoirs, bourgeoisie anglaise, et tasses de thé, tout y est parfaitement rendu. Compte tenu de la période d’écriture de ce récit, vous n’y trouverez aucun élément moderne. Cela renforce le côté délicieusement désuet du cadre.

J’étais un peu inquiète de voir qu’une partie se déroulait dans le passé, durant la guerre d’Espagne. Mais ces passages se présentent sous forme de lettres et sont donc relativement concis. La majorité du roman se déroule à une époque plus actuelle.

Ne soyez pas effrayés par la taille impressionnante de ce livre de 638 pages : il se transforme très rapidement véritable page turner. L’intrigue démarre immédiatement, les fausses pistes se multiplient dans ce polar anglais aux nombreux rebondissements qui ne cessent qu’à la toute fin du roman. Le résultat est que vous ne le lâcherez plus avant d’être arrivés à la fin, sans même vous apercevoir du nombre de pages colossal que vous aurez lues.

Sonatine Editions – 23€

“Duchesse” (“The Duchess”) est une nouvelle série disponible sur Netflix depuis le 11 septembre. Elle se déroule à Londres où Katherine, artiste et mère célibataire de la jeune Olive, souhaite avoir un deuxième enfant. Faute de prétendant, l’héroïne hésite entre différentes méthodes pour le concevoir : une PMA ? demander à son ex-mari musicien qui vit dans une péniche et avec lequel elle se dispute sans cesse ?

The Duchess Season 1. Katherine Ryan as Katherine in episode 1 of Duchess Season 1. Cr. Simon Ridgway/NETFLIX © 2020

Pendant six épisodes de trente minutes, le spectateur suit cette jeune femme impériale qui arbore des tenues toutes plus chics et extravagantes les unes que les autres et ne se laisse jamais faire, ne reculant parfois devant rien pour imposer sa volonté.

A la fois totalement déjantée, trash et drôle, cette petite série (par sa taille, mais ça ne compte pas) fait son effet. Katherine Ryan porte aussi bien sa série que ses tenues. Car la trentenaire n’est pas que l’interprète principale. Cette Canadienne d’origine, qui a pourtant intégrer parfaitement la posh attitude et l’humour anglais, et également reine du stand up (deux de ses spectacles sont également disponibles sur la plateforme), a tout à la fois crée, écrit et produit “Duchesse”. Elle a été accompagnée dans le projet par Clerkerwell Films, qui a également produit “The End of the F***ing World”.

Elle s’est entourée d’un casting hétéroclite et attachant : Kate Byrne dans le rôle de sa fille Olive, Steen Raskopoulos (“Feel Good”) son petit-ami et Rory Keenan (“Versailles) qui campe son ex.

La fin de la saison 1 laisse beaucoup de possibilités pour développer une seconde saison, mais aucune annonce n’a à ce jour été faite sur le sujet.

Emily Walters (Diane Keaton), veuve américaine, vit dans une résidence cossue de Hampstead, quartier huppé au nord de Londres. Elle peine à s’occuper de ses papiers et à joindre les deux bouts depuis que son mari décédé semble lui avoir laissé plus de dettes que d’économies. Perchée dans son grenier, elle aperçoit un jour un homme, (interprété par Brendan Gleeson) qui semble vivre dans le parc. La cabane dans laquelle il vit depuis des années est menacée par des promoteurs immobiliers. Emily, jusque là désoeuvrée et menée par ses voisines et “amies”, aurait-elle trouvé sa nouvelle cause ?

Le réalisateur Joel Hopkins avait gagné en 2001 au Festival du Cinéma Américain de Deauville le prix du Public de la Ville de Deauville pour “Mariage et conséquences” premier succès suivi ensuite par “Duo d’escrocs” et “Last chance for love”.

Il signe une jolie et bucolique carte postale de Hampstead, à l’instar de ce que “Coup de foudre à Notting Hill” de Richard Curtis avait fait pour ce quartier coloré. L’histoire en elle-même est digne d’une comédie romantique dans tout ce que cela comporte de douceur et d’invraisemblance.

L’histoire de Donald est elle en revanche basée sur des faits réels : Harry Hallowes, né en Irlande, vivait effectivement dans le parc, sans eau ni électricité. Si cette histoire dans l’histoire vous intéresse, je vous recommande la lecture de cet article. Car la réalité dépasse souvent la fiction.

https://www.theguardian.com/uk-news/2017/jun/10/hampstead-hermit-harry-hallowes-mystery-diane-keaton-brendan-gleeson

Eté 1995 à Bristol, quatre jeunes gens qui sont amis depuis leur première année de fac dissertent sur l’avenir dans un parc : Sylvie et Lucien, frère et soeur, mais aussi Eva et Benedict. Ils viennent d’obtenir leur diplôme et leurs routes vont commencer à s’éloigner : Benedict poursuit ses études à Bristol, Eva part travailler à Londres et Sylvie et Lucien vont poursuivre dans leur voie bohème.

Au fil des années et des aventures de la vie, leur amitié connaîtra des hauts et des bas, de longs silences, des absences et des retrouvailles, les replongeant dans l’époque de cet “été invincible”.

Alice Adams signe là son premier roman. L’auteure, à moitié australienne, a presque toujours vécu en Angleterre. Après un diplôme de philosophie, elle a également étudié à Bristol les mathématiques, la finance et l’informatique et a notamment travaillé dans des banques d’investissements. Ce parcours riche et varié explique probablement qu’en plus de l’intrigue du roman, Alice Adams évoque aussi différents thèmes avec précision, et notamment celui des traders à la City.

Le lecteur suit sur vingt ans l’évolution de l’amitié et de la vie de ces quatre jeunes gens aux âges où chaque décision peut avoir un impact déterminant sur le reste de sa vie, tant personnelle que professionnelle. Epoque aussi les liens parfois se distendent au gré des changements de vie et de personnalité. Rien n’est enjolivé dans ce roman, mais décrit avec justesse et sensibilité, lucidité aussi. Le tout se déroule dans l’Angleterre du début du XXIème siècle, ce qui ravira les amoureux du pays et notamment de Londres !

“La grande surprise du monde adulte avait été de découvrir que les gens ne comprenaient jamais véritablement ce qu’ils fabriquaient, et ceux qui respiraient la confiance en soi encore moins.”

Livre de Poche – 377 pages – 7,90€

Barsetshire, au XIXème siècle. Mary est belle, et intelligente. Orpheline, elle vit avec son oncle le Docteur Thorne (incarné par Tom Holland vu dans “The Night Manager” et “Pirate des Caraïbes”). Elle est courtisée par Frank Gresham qui la connait et côtoie depuis de nombreuses années. Mais ils sont loin d’être de même extraction. La famille Gresham est par ailleurs très endettée, et sa mère lui cherche un parti fortuné. Mais le Docteur connaît bien des secrets…

Auteur Anglais à succès et créateur de “Downton Abbey”, Julian Fellowes adapte ici le roman d’Anthony Trollope, grand écrivain de l’époque victorienne.

Et c’est un nouveau succès du genre, une belle fresque anglais entre intrigue, étude de l’aristocratie de l’époque, petites manigances et grands secrets. L’ensemble se termine dans une valse de jupons tournoya nos et de diadèmes étincelants.

Amoureux du genre, vous allez adorer !

84, Charing Cross est un échange épistolaire qui débute dans les années 1930 entre un libraire anglais et une lectrice américaine avisée. Cette auteure américaine passionnée de beaux livres préfère écrire à son nouveau contact anglais pour les commander, au lieu de se le procurer près de chez elle à New York.

Si l’Anglais conserve toujours son flegme, l’Américaine est plus virulente, passionnée et fait preuve d’un humour saisissant. La conversation est étonnamment vivante dans ces lettres qui s’étendent sur plusieurs  décennies.

L’édition anglaise est suivie de The Duchess of Bloomsbury, suite de 84, Charing Cross Road. L’occasion d’une très belle visite de Londres.

Un vrai régal.

Je recommande chaudement aux anglophones de le lire en anglais afin de profiter pleinement du style. Il existe également une traduction française de Marie-Anne de Kisch préfacée par Danielle Pénac aux éditions Autrement. Le personnage a été incarnée par Anne Bancroft au cinéma en 1987 aux côté d’Anthony Hopkins, et au théâtre beaucoup plus récemment par Léa Drucker sous la direction de Serge Hazanavicius.

Présenté en avant-première au dernier Festival du Film de Cabourg, “Love & Friendship” est une adaptation du roman de Jane Austen intitulé “Lady Susan”. S’il n’est pas le plus connu, il est en revanche très certainement l’un des plus poussé dans sa description du comportement féminin, en bien comme en mal.

Lady Susan Vernon (Kate Beckinsale) est une jeune et belle veuve à la recherche d’un bon parti à la fois pour elle et pour sa fille. Aidée de sa fidèle amie Alicia (Chloë Savigny), Américaine en exil, elle va jouer de tous les moyens pour se préserver deux options: Reginald et Sir James Martin.

L’adaptation est extrêmement bien réalisée, Whit Stallman -le réalisateur- a accordé tout le soin requis tant aux costumes qu’à la photographie afin de nous plonger dans l’époque. Kate Beckinsale, que l’on ne connaît pas dans ce type de rôle de femme manipulatrice et finaude, excelle.

A voir !

 

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Ce récit écrit par le neveu de Jane Austen en 1869 apporte un regard tendre et aimant.

Cependant, il apporte peu de nouvelles informations sur sa vie. Influence de l’époque victorienne, de la foi de l’auteur (il est un ecclésiastique anglican), et fidélité aux valeurs et aux souhaits de sa tante, il reste très discret dans ses révélations.

Personne à l’exception de la mère et la chère sœur de Cassandra ne savaient ce que réalisait Jane Austen. Ses livres sont édités anonymement et sa sœur détruira après sa mort l’essentiel de sa correspondance, laissant pour toujours un mystère autour sa vie.

294 pages – Editions Bartillat – 20€

Alors que Londres est sous les bombes, Miss Fielding tente de préserver un calme relatif dans sa demeure familiale de l’Hertfordshire: Sunglades. Jamais mariée, elle y vit aux côtés de son frère, éternel célibataire, ainsi de sa cousine. Cette période troublée l’obligera à héberger autant de personnes que sa maison le lui permet. Un ancien amour de son frère, le fils de cette dernière, une jolie voisine, une réfugiée baïramienne… Tous vont devoir cohabiter au fil des saisons, dans un quotidien rythmé par les black out.

Si ce roman est merveilleusement écrit, rappelant le style de Jane Austen, ce qui est saisissant est d’apprendre que ce livre a été édité pour la première fois en… 1944 ! Il s’agit en effet d’une réédition. Et pourtant, quelle modernité dans le style. Rien ne peut laisser penser que ces lignes ont près d’un siècle.

A découvrir !

554 pages – Editions Héloïse d’Ormesson – 24€

Quand sa vie personnelle et professionnelle bascule, Polly quitte Plymouth et part s’installer temporairement dans un endroit que son maigre budget lui permet, une toute petite ville portuaire d’une île des Cornouailles, liée au Continent par une unique route submersible. Le décor est posé !

 
Logeant dans une maison laissée à l’abandon, au dessus d’une ancienne boulangerie, elle va devoir réapprendre à vivre par elle-même. D’étranges rencontres, un tout nouvel environnement, un autre métier… Polly va peu à peu se laisser charmer par la ville et ses occupants. Au point de s’y installer ?

Jenny Colgan signe ici un savoureux roman qui dépayse.

494 pages – Pocket – 8€