Hunter semble mener une vie parfaite avec son mari Richie, fils d’une famille importante et fortunée. On pourrait se croire dans “Mad Men” en la voyant passer ses journées à passer l’aspirateur et ramasser les feuilles mortes en attendant le retour de son mari le soir. Quand Hunter tombe enceinte, elle reste souriante et poursuit ses tâches quotidiennes. Sa distraction : avaler des petits objets. Cela commence par une bille, comme si cela était normal, puis les objets se font de plus en plus dangereux. Ce geste est son espace de liberté, quelque chose qu’elle contrôle. Ce trouble compulsif du comportement alimentaire est appelé le Pica. Son époux et sa belle-famille décident alors de contrôler ses moindres faits et gestes. Mais quelle pourrait-être la véritable raison de ce trouble ?

Le réalisateur Carlos Mirabella-Davis s’est inspiré pour la réalisation de ce premier film du calvaire enduré par sa grand-mère, internée et lobotomisée. Il a travaillé avec soin chaque image, et usé de couleurs saturées, le tout rappelant notamment le travail de David Lynch, pour mettre en exergue la façon dont sont bien souvent considérés et parfait encore traités les troubles psychiques. En dépit de scènes parfois difficiles à regarder, son talent et l’interprétation fascinante de la jeune Haley Bennett (“La Fille du train”). Cette dernière a d’ailleurs remporté le prix de la meilleure actrice au Tribeca Film Festival.

Le film a lui été récompensé par un Prix spécial du jury du 45ème anniversaire lors du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

En salles le 15 janvier 2020