Nouvelle mini-série fraichement arrivée sur Netflix, Le jeu de la dame (“A queen’s gambit”) est rapidement passé dans le top des vues sur la plateforme.

Elle relate l’histoire de Beth Harmon à partir de ses neuf ans jusqu’à ses vingt-deux ans. Dans les années 1950, alors que Beth vit seule avec sa mère, un drame va la rendre orpheline. Elle sera alors prise en charge par une structure pour jeune filles, où à l’époque les enfants étaient “canalisés” par une ingestion de tranquillisants.

Les jeunes de son âge sont rarement adoptés, les familles recherchant de préférence de très jeunes enfants. A défaut, Beth se rapprochera d’une camarade, Jolene, et de Monsieur Schaibel, le gardien de l’établissement, qui la formera au jeu d’échecs dans le sous-sol du bâtiment. L’homme réalisera très vite que la jeune fille a un véritable don pour ce jeu et la poussera à progresser.

Beth n’aura de cesse de vouloir se dépasser, véritablement habitée par les pions et leur manœuvre. Finalement adoptée à 15 ans par un couple qui bat de l’aile, Beth s’inscrira à des tournois, avec pour objectif ultime d’affronter un jour le champion du monde Russe. La jeune femme sera à la fois portée et freinée par son addiction tant aux médicaments qu’à l’alcool ensuite, oscillant entre génie et folie.

La question qui vient à l’esprit du spectateur est : l’histoire est-elle inspirée d’un personnage réel ? Beth Harmon a-t-elle vraiment existé ? Au risque de vous décevoir, il s’agit d’un personnage de fiction, crée par l’écrivain Walter Tevis, auteur de “l’Arnacoeur” et “la Couleur de l’argent”. Et si le personnage principal n’a pas existé, l’auteur s’était en revanche inspiré de sa propre expérience, tant de joueur d’échecs, que de dépendant aux anxiolytiques. Le roman publié en 1983 a été adapté en série par l’Américain Scott Frank -à qui l’on doit l’autre très bonne minisérie western “Godless” (avec Michele Dockery et également disponible sur Netlfix)- et Allan Scott (“Priscilla, folle du désert, la comédie musicale”).

Je l’ai pitché à Netflix en pensant qu’ils ne voudraient jamais adapter un livre sur une petite fille qui joue aux échecs… et immédiatement ils ont dit oui”  

Scott Frank dans Entertainment Weekly

Les créateurs ont sollicité les conseils de grands professionnels du jeu, Bruce Pandolfini et Garry Kasparov. Cela leur a permis de réaliser une série passionnante sur les échecs qui fascinera tant les joueurs avertis que les néophytes. Les livres cités ainsi que les stratégies existent réellement. Ce réalisme et cette précision ne sont pas seuls responsables du succès de la série.

Tous les acteurs incarnent leur personnage avec force et justesse. Outre l’héroïne interprétée par l’actrice argentino-américano-britannique Anya Taylor-Joy (vue dans « Emma », « The Witch » et “Peaky Blinders”), on retrouve également Thomas Brodie-Sangster, le jeune garçon de “Love Actually”, qui interprète ici le rôle de Benny Watts, ou encore Harry Melling, cousin d’Harry Potter, dans le rôle de Harry Beltik.

La réalisation est également très travaillée. Les superbes tenus sixties portée avec grande élégance par l’actrice, et la bande originale, transportent avec plaisir dans un univers travaillé reconstituant avec goût les années 1960.

La série compte 7 épisodes d’environ 60 minutes. Aux spectateurs qui espéraient ou s’interrogeaient sur la réalisation d’une saison 2, Netflix a rappelé le sens du terme “mini-série” :

Disponible sur Netflix depuis le 23 octobre 2020