Suite à un rendez-vous nocturne, Carolyn Harper ne réapparaît pas chez elle. Dans cette petite ville tranquille de l’Illinois, sa mère, qui dirige la chorale du lycée, est dévastée. Seules trois adolescentes et leurs familles, touchées par l’indifférence générale autour de ce drame, vont tenter de l’aider. Une solidarité nouvelle va naître entre elles et les aider à surmonter le malaise provoqué par cette disparition.

La réalisatrice Jennifer Reeder qui vivait elle aussi dans une petite ville a expliqué avoir beaucoup regardé de teenage movies qui l’ont bien sûr en partie inspirée pour cette réalisation. Elle a beaucoup travaillé sur la lumière et les couleurs avec son directeur de la photographie pour “essayer de faire en sorte qu’on ait l’impression que le film est en apesanteur, un côté détaché, et pour ce faire un excellent moyen était d’utiliser les couleurs rose, magenta, violet qui plongent le film dans une ambiance presque féministe”. La solidarité féminine est en effet le point central de ce film dans lequel elle décrit les stratégies de survie des femmes, quelques soient leurs liens. Elle se serait également inspiré de “Twin Peaks” mais aussi de “Blue Velvet” pour le traitement de l’image. C’est là que l’on peut également se rendre compte de l’importance de sa formation, aux beaux arts et non dans une école de cinéma, sur son travail. Passionnée de BD, elle souhaitait également donner un effet de roman graphique” à son film.

Si l’image a un rôle prédominant dans le film, la musique n’est pas en reste avec notamment les scènes de chant de la chorale, qui font écho aux problèmes des femmes et “permettent d’apporter une harmonie dans un environnement où des choses étranges arrivent” comme l’explique la réalisatrice.

“Knives and Skin” est un ovni, aux images marquantes et parfois surprenantes, mais qui transportent le spectateur dans un univers à part, fait de couleurs chaudes et de musiques parfois quasi-mystiques. Que l’on adhère ou pas, il mérite d’être découvert pour découvrir le travail de cette réalisatrice qui avait avant réaliser essentiellement des clips.

En salles le 20 novembre

Jennifer Reeder en conférence de presse
au Festival du Cinéma Américain de Deauville