Ce récit écrit à la première personne nous fait vivre le quotidien mais surtout les ressentis de Grégoire, jeune homme maniaque, qui parle parfois allemand et aime la beauté des paysages dans le film les Bêtes sauvages. Il partage sa vie avec Agathe, professeur de philosophie. Mais surtout, Grégoire est très sensible.

On découvre ainsi progressivement son rapport aux autres, mais aussi aux choses, ainsi qu’à la violence. Grégoire est semble-t-il autiste, au sens psychanalytique du terme.

Il ne faut pas se laisser rebuter par le style; Isabelle Minière réalise ici un récit très sensible et touchant, truffé de réflexions qui interpellent. à travers l’acuité de l’intelligence de Grégoire.

“Dans une cuisine, un philosophe c’est une catastrophe: si elle avait fait de l’allemand, ç’aurait été différent, sûrement. En allemand, il faut être ordonné, soigneux, bien ranger ses mots dans la phrase. Comparée à l’allemeand, la philosophie c’est de la folie : Agathe dit qu’il ne faut pas toujours faire comme on nous l’a appris, qu’il faut savoir tout chambouler, tout remettre en question, tout déranger. Je me demande comment font les philosophes allemands. Un philosophe allemand, c’est une contradiction.”

 

170 pages – Editions Serge Safran – 14,50€