Le titre original est comme souvent plus chargé de sens que le titre traduit. Dans “Three Billboards Outside Ebbing, Missouri”, Mildred Hayes (Frances McDormand) une femme à bout de nerfs et de patience. Elle a perdu sa fille des mois auparavant, sauvagement violée et assassinée, puis brûlée sur un terrain en bord de route. Sur ce terrain, trois panneaux d’affichage.
Face à l’inaction de la police locale, elle décide un jour de les louer et d’afficher un message visant à les interpeler et réagir. Le chef de la police, Willoughby -interprété par Woody Harrelson- est atteint d’un cancer et n’en a plus que pour quelques mois à vivre. “Vous saviez que j’étais malade, mais vous avez quand même mis mon nom sur cette affiche?” lui écrit-il. “Pour que ce soit efficace, il fallait bien le faire avant que vous claquiez, non?” 
Le ton est donné pour cette nouvelle réalisation de Martin McDonagh, qui signe ici un drame à l’acide, noir mais tristement drôle. Un air de Frères Coen, producteurs du film, qui a remporté pas moins de quinze prix, dont deux oscars pour France McDormand et Sam Rockwell, génial en policier à la ramasse, raciste et homophobe. 

Elu Meilleur Film aux BAFTA et aux Golden Globes, “3 Billboards” est un savoureux mélange de violence démesurée et de tendresse dans le regard porté sur les différents personnages et les retournements de situations. Si les personnages semblent parfois se haïr, allant jusqu’aux pires extrémités de violence, leur fond reste bon.
Brutalement jubilatoire